Résultats en baisse et craintes sur l’avenir de certaines usines chez Michelin

Les ventes et le bénéfice net de Michelin sont en baisse sur les six premiers mois de l’année 2024, dans un marché automobile mondial “incertain”, marqué par un marché européen et un segment poids lourd mal en point. Le groupe n’exclut pas de futures restructurations industrielles.

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Michelin Roanne
Les organisations syndicales ont formulé des inquiétudes quant à l’avenir des usines Michelin de Cholet, Tours et Vannes.

Michelin souffre, mais ne se dégonfle pas. Dans un marché automobile “incertain”, le Bibendum a vu son bénéfice net décliner de 4,63% au premier semestre de l’année 2024, pour s’établir à 1,16 milliard d’euros. Ses ventes sont également en baisse de 4,2%, s’élevant à 13,48 milliards d’euros. En cause : la baisse des volumes de vente de voitures et de camions, une hausse des coûts fixes et un sous-chargement global des usines, a détaillé le géant du pneumatique dans un communiqué de presse. 

Florent Menegaux, directeur général de l’entreprise, salue toutefois la “performance solide” de l'équipementier, qui a réussi à améliorer son résultat opérationnel à hauteur de 13,2% du chiffre d’affaires. La multinationale française parvient à ne pas boire la tasse grâce à son positionnement sélectif sur les segments les plus rémunérateurs, notamment les pneus de tourisme de 18 pouces, qui lui permettent de dégager davantage de revenu malgré une activité en baisse. Michelin a aussi pu compter sur un “impact favorable du coût des matières premières sur le semestre.”

Un marché du poids lourd en chute libre en Europe

Dans un contexte économique confus, Michelin n’exclut pas de restructurer certaines activités de ses sites industriels. Le groupe a commencé en 2023 à réorganiser sa production face à ce qu’il dénonce comme de la concurrence asiatique déloyale sur les pneus de poids lourds, en raison de sur-capacités : des activités vont s’arrêter en Pologne, en Allemagne, en Chine et aux États-Unis sur ce segment. Les usines concernées ferment leurs portes ou sont orientées vers d’autres productions. Les résultats de ces actions ne sont pas encore visibles, a expliqué Florent Ménégaux devant les investisseurs, expliquant que la production est progressivement en train de diminuer ou de monter en puissance selon les sites, sans s’épancher davantage sur le sujet. 

"D'autres pays seront concernés", a indiqué le dirigeant, qui continue d’analyser la situation, notamment en Europe. Sur le Vieux Continent, les marchés de pneus de tourisme comme de poids lourds se portent mal en première monte. Sur les six premiers mois de l’année, le premier a enregistré une baisse de 5% quand la Chine a augmenté de 5%, tirée par les exportations de voitures. Le second est en baisse de 17%. Le dirigeant de Michelin fustige régulièrement le déclin de la compétitivité européenne depuis la pandémie, sur fond de hausse des coûts du travail et de l’énergie. 

Craintes sur trois usines françaises

En France, les organisations syndicales ont formulé des inquiétudes quant à l’avenir des usines Michelin de Cholet (Maine-et-Loire), Tours (Indre-et-Loire) et Vannes (Morbihan). La CFDT juge que “la situation est préoccupante, avec des taux de charge extrêmement bas, particulièrement sur le site de Vannes. (...) Des efforts considérables comme des diminutions d’effectifs  – non chiffrées à ce jour – risquent d’être nécessaires pour maintenir les activités des sites.”

Michelin, qui s’attend à faire face grosso modo aux mêmes difficultés sur la deuxième partie de l’année, n’a pas modifié ses prévisions de résultats pour l’année 2024, tablant sur un résultat opérationnel des secteurs supérieur à 3,5 milliards d’euros à taux de change constant, et un cash-flow libre avant acquisitions supérieur à 1,5 milliard d’euros.

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