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Ressuscité sous forme de voilier, l'Orient Express sera produit en France

Les Chantiers de l'Atlantique, en partenariat avec le groupe Accor, ont annoncé le 12 janvier le lancement du plus grand voilier du monde, l'Orient Express Silenseas. Le navire pourrait être propulsé à 100% par ses voiles dans des conditions météorologiques idéales, mais dispose également d'un moteur qui fonctionne au GNL... Ce qui pourrait compromettre son bilan écologique.

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Accor Chantiers Atlantique Orient Express
L'Orient Express Silenseas voguera sur les mers à partir de 2026.

Le record précédent date de 1990. Le lancement de la construction du plus grand voilier du monde, l’Orient Express Silenseas, par le groupe Accor et les Chantiers de l’Atlantique, a été annoncé le 12 janvier. Le bateau fait 220 mètres de long, dépassant le Wind Surf, long de 187 mètres et construit en 1990. Le voilier sera construit à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) en 2026. Le paquebot se veut comme un hommage au train éponyme, et s’inspire de «l’âge d’or de la French Riviera», équipé entre autres, de deux piscines, 54 suites et un bar speakeasy.

Accor Chantiers Atlantique Orient Express
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Le concept est né dans les bureaux d’études des Chantiers de l’Atlantique en 2018, selon Laurent Castaing, directeur général. Dans un communiqué de presse, les deux entreprises annoncent que le Silenseas voguera grâce à des voiles «à la conception technologique révolutionnaire SolidSail», qui consiste en «trois voiles rigides d’une surface de 1 500 mètres» et «trois mâts inclinables culminant à plus de 100 mètres de haut». Les voiles pourraient assurer 100% de la propulsion dans des «conditions météorologiques adaptées».

Un fonctionnement basé sur l'hydrogène... Et le GNL

Une bonne nouvelle pour la décarbonation du transport maritime, selon Fanny Pointet, responsable en France du transport maritime pour l’ONG européenne Transport & Environment. «Le transport à voile permet de réduire les émissions de CO2 et nous le soutenons.» Cependant, le communiqué de presse indique qu’«une formule hybride combinera l’énergie vélique à un moteur "State of the art" fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) et permettra l’utilisation de l’hydrogène vert une fois les technologies admises pour un navire océanique à passagers.»

Accor Chantiers Atlantique Orient Express
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Le communiqué ne donne toutefois pas plus de précisions sur le fonctionnement des deux modes de propulsion. Ce qui est problématique, car le GNL est polluant. «Le GNL est une fausse bonne idée. C’est une énergie fossile qui émet seulement à peu près 20% de moins que le transport avec fioul lourd, réagit Fanny Pointet. Et c’est sans compter les fuites de méthane, un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO2 sur une durée de 20 ans.» Pour Fanny Pointet, les fuites de méthane apparaissent comme une bombe climatique. Pas sûr, donc, que cette nouvelle version de l'Orient Express soit un parangon de vertu environnementale.

Crédit photos : Maxime d'Angeac & Martin Darzacq for Orient Express, Accor

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