Recycler le bicarbonate de soude utilisé pour traiter les fumées des incinérateurs de manière à obtenir une saumure qui, une fois purifiée, sert à... refabriquer du bicarbonate de soude. Voici la mission de Resolest, à Rosières-aux-Salines (Meurthe-et-Moselle), au sud de Nancy. L'entreprise, détenue à parts égales par le chimiste belge Solvay et Sarp Industries, a investi 12,5 millions d'euros pour étendre ses capacités sur cette boucle d’économie circulaire.
Le projet, dont les travaux ont démarré en janvier 2024, porte sur la construction d’une nouvelle unité capable de traiter annuellement 20 à 25 000 tonnes supplémentaires de résidus issus de l’épuration des gaz de combustion, soit une augmentation de 60% des volumes du site. Sa mise service à l’horizon 2025 s’accompagnera du recrutement de cinq salariés, portant à 30 personnes les effectifs de Resolest (chiffre d’affaires de 11 millions d’euros en 2023).
Jean-Michel Frada, directeur de Resolest, justifie cette hausse des capacités par deux facteurs, à commencer par «le renforcement de la règlementation environnementale qui favorise les procédés secs de traitement des fumées», mais aussi «l’avènement de nouvelles chaudières alimentées en combustibles solides de récupération(CSR)», des déchets ne pouvant être recyclés (résidus de petite taille, plastiques multicouches, complexes carton-plastique, etc.).
La technologie sèche au bicarbonate de soude a été développé en Lorraine par Solvay afin de neutraliser les gaz acides (chlorure d’hydrogène, oxyde de soufre, fluorure d’hydrogène, etc.). Celle-ci est principalement employée par des unités de valorisation énergétique des déchets ménagers, mais aussi des sites industriels.
Saumure injectée dans l’usine Solvay
Les résidus collectés dans le Grand Est, en Ile-de-France, en Belgique et en Suisse sont dissous dans un malaxeur, la saumure est filtrée via un filtre presse puis purifiée grâce à un procédé breveté. Un «saumoduc» de quatre kilomètres envoie ensuite cette saumure de haute pureté sur le site voisin de Solvay à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle) où elle est injectée directement dans les procédés de fabrication du bicarbonate de soude.
«Les procédés de Resolest permettent de réduire de 6 à 10% les besoins de Solvay en sel, une de ses deux principales matières premières avec le calcaire», détaille Jean-Michel Frada. Sur 1 kilo de résidus, Resolest parvient à extraire 800 grammes de sel, le restant rejoignant un site d’enfouissement régional sous forme de grands gâteaux de matière de 80 kilos.



