Les trois chaudières au charbon du site Solvay de Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle) vivent leurs derniers mois. Le chimiste belge et son partenaire français Veolia annoncent mercredi 16 février le démarrage des travaux du projet "Dombasle Energie". L’investissement de 225 millions d’euros, soutenu par la région Grand Est et l’Ademe, vise à diviser par deux l’impact carbone de cette usine de production de carbonate de soude.
Associés au sein d’une coentreprise, les deux partenaires vont remplacer les trois chaudières fonctionnant aux énergies fossiles par une installation de cogénération alimentée en combustibles solides de récupération (CSR), des déchets ne pouvant être recyclés (résidus de petite taille, plastiques multicouches, complexes carton-plastique...).
Mise en service en 2024
La mise en service de la nouvelle installation d’une puissance de 180 MW thermiques et 17,5 MW électriques est attendue à l’horizon 2024. Elle permettra de maintenir la compétitivité du site lorrain qui emploie 320 salariés et représente 1 000 emplois directs et indirects. « Notre feuille de route de développement durable, Solvay One Planet, vise notamment la neutralité carbone à horizon 2050. Pour contribuer activement à l’émergence d’une société bas carbone, nous devons transformer nos usines pour mettre en place des énergies de substitution durables et compétitives », déclare Ilham Kadri, directrice-générale du groupe Solvay.
L’unité de cogénération valorisera chaque année 350 000 tonnes de CSR fournis par Veolia, en remplacement de 200 000 tonnes de charbon. Le spécialiste de la collecte et du traitement des déchets précise que ce combustible sera puisé en France, principalement dans la région Grand Est et dans les régions limitrophes.
« L'objectif de Veolia est de développer une véritable filière de valorisation énergétique pour des déchets qui ne peuvent pas être recyclés en matières », conclut Anne Le Guennec, directrice générale Recyclage et valorisation des déchets de Veolia France. Le budget d’investissement, initialement chiffré à 180 millions d’euros, a été porté à 225 millions d’euros en raison de la hausse des prix des chaudières industrielles précise Solvay, mais aussi parce que le groupe inclut désormais dans cette enveloppe l’acquisition d’un quatrième four à chaux. Un projet soutenu dans le cadre du plan de relance.



