Trois sites réunis autour d’une même ambition : la production de véhicules électriques. En négociation depuis plusieurs semaines, l’accord relatif à l’avenir des sites de Renault dans les Hauts-de-France doit être signé par les organisations syndicales mardi 8 juin. De quoi donner enfin naissance au fameux pôle électrique sur lequel s’est engagé la direction de Renault, dès la présentation de son plan d’économies en 2020.
Tous les syndicats du groupe Renault ont fait état de leur intention de signer cet accord. Concrètement, il doit aboutir à la création, le 1er janvier 2022, de la filiale détenue à 100% par le constructeur automobile, baptisée Renault ElectriCity. Celle-ci regroupera en son sein les trois usines du groupe dans le nord de la France : Douai (Nord), qui produit les modèles Espace, Scénic et Talisman, Maubeuge (Nord), dédié à l’assemblage de l’utilitaire Kangoo, ainsi que le site de boîte de vitesses de Ruitz (Pas-de-Calais).
400 000 véhicules par an
Cet écosystème, dirigé par l’emblématique (ex-)directeur de Toyota Onnaing, Luciano Biondo, pourrait produire à terme des volumes annuels de l’ordre de 400 000 véhicules électriques. "Renault prévoit 100 000 véhicules à la création du pôle en 2022. L’arrivée de nouveaux modèles, la formation des salariés et les investissements sur les sites permettront d’atteindre 400 000 unités en 2025", se félicite Lionel Langlais, délégué central adjoint à la CFDT Renault, lors d’une conférence en ligne.

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Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Une sacrée montée en puissance par rapport aux volumes actuels des deux sites d’assemblage, Douai et Maubeuge. L’échec des Espace, Scénic et Talisman sur le plan commercial – plombés par la mode des SUV – a entraîné une baisse d’activité massive au cours des dernières années au sein de la première usine. Conséquence : en 2021, Douai pourrait ne livrer que 25 000 véhicules, soit 8% à peine de ses capacités de production, qui atteignent près de 300 000 unités !
Des fournisseurs installés à proximité
L’attribution de la future Mégane à batteries devrait permettre de recharger le site à court terme. Douai devrait aussi vraisemblablement prendre en charge la production de la future R5, ainsi qu’un modèle de type SUV. De source syndicale, ce véhicule pourrait être le remplaçant électrique du Kadjar. De son côté, l’usine de mécanique de Ruitz s’occuperait des bacs batteries. Ces composants pourraient eux-mêmes être produits à Douai par le possible partenaire de Renault, Envision.
D’autres fournisseurs pourraient s’installer, même si rien de précis n’a filtré pour l’heure. "La direction a la volonté de travailler de manière nouvelle avec la filière automobile", témoigne Lionel Langlais. Autant de chantiers qui devraient permettre de générer 700 embauches, portant le total des effectifs des trois sites à un peu moins de 6 000 personnes – 2 800 salariés à Douai, 1 700 salariés à Maubeuge et moins de 500 personnes à Ruitz.
Rémunération et gestion des mobilités
L’accord qui doit être signé mardi 8 juin devrait permettre d’harmoniser les statuts des salariés sur le plan des rémunérations, de l’organisation du temps de travail ou encore de la gestion des mobilités, selon un communiqué publié par FO Renault, qui se félicite de l’attribution d’un véhicule de segment B, la R5, à un site français. A l'exception de la Toyota Yaris, ces petits véhicules sont aujourd'hui produits hors de France, à l'image de la Renault Clio (Turquie) et de la Peugeot 208 (Slovaquie).
Dans le mémo qu’il avait diffusé en interne quelques semaines après sa nomination à la direction générale, Luca de Meo avait certifié vouloir "reconnecter" le groupe automobile "à son territoire". Avec le passage de Flins (Yvelines) à l’économie circulaire, Douai deviendrait le dernier site français consacré à la production de véhicules particuliers. Mais le constructeur multiplie les initiatives sur le territoire français, à l’image du projet lié à l’hydrogène avec l’Américain PlugPower.



