Pourquoi Renault semble miser sur le chinois Envision pour fabriquer des batteries à Douai

Renault pourrait faire équipe avec Envision pour sa future usine de batteries en France. C'est ce groupe chinois qui avait racheté en 2018 la filiale de Nissan dédiée aux accumulateurs pour voitures électriques, AESC. 

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Le choix d'AESC-Envision serait une nouvelle démonstration de la volonté de resserrer les liens entre Renault et Nissan.

Fin du suspense ? C’est manifestement avec la société chinoise Envision que Renault semble déterminé à travailler pour bâtir sa propre usine de batteries à Douai (Nord). L’information, confirmée lundi 31 mai à L’Usine Nouvelle, devrait faire l’objet d’une annonce officielle prochainement. Un choix logique au regard des annonces récentes du directeur général de Renault.

A la mi-mai, Luca de Meo avait fait état de sa volonté d’approfondir les synergies dans les batteries avec Nissan. Depuis plus de deux ans, les nouvelles directions des deux constructeurs s’attachent à redonner un souffle à l’Alliance, fortement ébranlée par l’arrestation de son ex-dirigeant Carlos Ghosn, et booster leurs synergies sur fond de résultats financiers en berne.

Resserrer les liens avec Nissan

Réorganisée selon le modèle référent-suiveur par région, produit et technologie, l’Alliance concentre logiquement ses efforts autour de l’électrification, compte tenu de l’explosion des ventes de véhicules à batteries dans le monde. Illustration fin 2020 avec l’adoption de la plateforme CMF-EV par les deux modèles Nissan Ariya et Renault Mégane, qui doit permettre de générer des économies d’échelle.

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En choisissant de travailler avec Envision, Renault ferait un autre pas en faveur d’un renforcement de l’Alliance. En 2018, ce groupe spécialiste des énergies renouvelables a racheté la filiale historique de Nissan, AESC, dédiée aux batteries. L’accord prévoyait toutefois que le constructeur japonais conserve 25% de parts de la nouvelle entité par AESC et Envision.

Selon un article du Financial Times publié le 26 mai, c’est AESC-Envision qui devrait gérer l’usine de production d’accumulateurs que Nissan envisage de construire à proximité de son site de Sunderland, en Angleterre. Douai pourrait alors être le second site opéré par le groupe chinois. Et un nouveau signe de la volonté de Renault et Nissan de renforcer leurs liens.

La R5 première bénéficiaire?

La production devrait alimenter les usines d’assemblage de Renault situées à Douai et Maubeuge (Nord), et vouées à devenir le futur pôle d’excellence dans l’électrique du groupe au Losange. Plus précisément, Le Monde estime qu’AESC-Envision pourrait produire à Douai des batteries à destination de la plateforme CMF-B-EV de l’Alliance. La future R5 pourrait être la première voiture à bénéficier de ces batteries produites en France. Ce ne serait pas le cas de la future Mégane électrique, également produire à Douai. A la différence de la R5 revisitée, ce modèle sera basé sur des batteries fournies par LG-Chem, partenaire de longue date de Renault dans l’électrique.

LG-Chem semblait d’ailleurs pressenti en début d’année pour être l’allié de Renault dans ce projet de production de batteries en France. En janvier, le président du constructeur français, Jean-Dominique Senard, glissait ainsi que l’un des candidats était "un fournisseur de longue date coréen", laissant peu de place au doute quant à l’identité dudit partenaire.

L’avenir de Renault dans ACC en suspens

Pas sûr pour autant que le rapprochement attendu avec Envision signe la fin des discussions avec LG-Chem, tant les besoins en batteries vont croître à l’avenir dans l’industrie automobile. Renault, qui échangerait aussi avec la start-up Verkor, n’a pas non plus fermé la porte à une alliance avec Stellantis et Saft. Reste que l’entrée de Renault dans ACC a tout le mal du monde à se concrétiser.

La participation du groupe au Losange avait pourtant été annoncée en grande pompe par Emmanuel Macron lui-même, en mai 2020, lors de la présentation du plan de soutien à la filière automobile. Mais depuis, plus rien, ou presque. Dans son intervention de janvier, Jean-Dominique Senard évoquait d’ailleurs ce partenariat… Au passé.

Si le projet de Renault avec Envision venait à se concrétiser, l’usine serait le troisième projet de production de batteries annoncé en France. Après ACC et son usine prévue à Douvrin-Billy-Berclau (Pas-de-Calais), la jeune entreprise Verkor dit avoir retenu sept lieux d’implantation potentiels dans l’Hexagone, pour un choix final prévu à l’été.

Mais sans surprise, c’est l’Allemagne qui concentre la majorité des projets, avec les initiatives de Northvolt et Volkswagen, la Gigafactory de Tesla, mais aussi le deuxième site d’ACC à proximité d’une usine Opel. D’après le cabinet Avicenne, les capacités de production de batteries lithium-ion en Europe devraient dépasser les 100 GWh en 2023 et atteindre entre 150 et 200 GWh deux ans plus tard.

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