Coup de massue pour les 330 salariés de la fonderie aveyronnaise Jinjiang Sam, à Viviez. La direction du groupe Renault, vient de faire connaître sa position dans un communiqué daté du 23 novembre : «Renault Group ne s’engage pas sur le projet de reprise de Jinjiang Sam par Alty-Sifa, celui-ci ne pouvant proposer un projet industriel solide et pérenne ».
Cette décision devance de peu l’ultimatum fixé au 24 novembre par le tribunal de commerce de Toulouse (Haute-Garonne). Celui-ci souhaitait qu'un accord préalable entre le constructeur et son fournisseur soit trouvé pour assurer un plan de charge à l'usine aveyronnaise avant de donner son feu vert à un projet de reprise du site industriel aveyronnais présenté dernièrement par Patrick Bellity, patron de la société orléanaise Sifa Technologies (groupe Alty).
Fin d'un long processus de négociations
Ce projet de reprise, une première fois écarté au printemps 2021 au profit de la proposition du groupe espagnol CIE, est finalement revenu sur le devant de la scène ces dernières semaines, alors que le groupe espagnol avait préféré retirer son offre. Après un long travail de négociations, Patrick Bellity est depuis peu le seul candidat à la reprise du site aveyronnais, dont il a déjà assuré la direction dans le passé, quand le site était encore au sein du groupe Arche, avant sa reprise en fin d'année 2017 par le groupe chinois Jinjiang.
Deux ans plus tard, le 10 décembre 2010, la société, rebaptisée Jinjiang Sam a été placé en redressement judiciaire, avant d'être mise en liquidation le 15 septembre 2021. Une décision assortie d'une poursuite d'activité de trois mois afin de permettre la finalisation éventuelle d'une offre de reprise. Un délai mis à profit pour convaincre l'Etat et la région Occitanie de s'engager à soutenir le projet, à hauteur de 1 million d'euros de subvention et de 4,5 millions d'euros de prêts pour le premier, et pour 900 000 euros de subvention et 2,4 millions d’euros de prêts pour la région, à charge pour le candidat repreneur de trouver un accord avec Renault.
Reclassement chez Renault ?
Toujours dans son communiqué, le constructeur automobile insiste : « Il existe de forts doutes sur la solidité financière, malgré les supports financiers externes envisagés, et les réelles capacités d’investissement et de redressement de Jinjiang Sam par Alty-Sifa ». Toutefois, Renault se dit prêt à poursuivre le dialogue avec les salariés de Sam afin de leur proposer des solutions alternatives d’emploi en son sein.
Une demande formulée par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. « Ce que j'attends de Renault, comme actionnaire, c'est un comportement exemplaire vis-à-vis des salariés », a déclaré le représentant du gouvernement au micro de France Info. « Renault, qui a des dizaines d'autres sites de production, doit accompagner chaque salarié pour qu'il retrouve un emploi et une porte de sortie qui soit digne, parce que pour le bassin d'emploi de Decazeville, pour les salariés de la Sam, c'est extrêmement dur », a ajouté le ministre, qui estime, à l'image du constructeur français, qu'« il n'y a pas d'offre crédible pour la reprise de Sam ».
Reste maintenant au tribunal de commerce de Toulouse à se prononcer. Un délibéré est attendu vendredi 26 novembre. Les représentants du personnel veulent encore y croire. Ils s'appuient sur un premier engagement de Renault pris il y a quelques mois de maintenir son plan de charge à l'usine aveyronnaise jusqu'en mars 2022, le temps de trouver une solution pérenne de reprise. Seront-ils entendus ?



