Nouveau coup de massue pour la filière automobile aveyronnaise. Quelques jours à peine après l'annonce de la direction du groupe Bosch de supprimer pas moins de 750 postes chez Bosch Rodez, à Onet-le-Château, ce sont les salariés de la fonderie d'alliages d'aluminium Jinjiang Sam, basée à Viviez, qui viennent de prendre connaissance, le 9 mars, de l'unique offre déposée pour la reprise de leur site industriel.
Porté par le groupe espagnol CIE Automotive (25 000 salariés dans le monde, 3,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2020), un poids lourd européen sur le marché des composants et sous-ensembles automobiles, le projet prévoit la suppression de 214 postes sur un effectif de 364 salariés.
Un nouvel épisode douloureux pour l'entreprise aveyronnaise, mise en redressement judiciaire en décembre 2019, soit deux ans à peine après sa reprise par le groupe chinois Jinjiang. Depuis lors, sous le contrôle de deux administrateurs judiciaires et d’un manager de transition, la société va de prolongation en prolongation de ses périodes d'observation. Faute de trouver une solution, le tribunal de commerce de Toulouse (Haute-Garonne) a choisi de reporter aussi par deux fois la date limite de remise des offres de reprise.
Un premier projet avait été évoqué en novembre 2020, sous la houlette de Patrick Bellity, qui a été responsable du site pendant plus de 18 ans, quand il était président du groupe Arche, alors propriétaire de l'usine aveyronnaise avant qu'elle ne soit cédée au groupe chinois Jinjiang, mais auquel aucune suite n'a été donnée. Il aura encore fallu plusieurs mois pour que la nouvelle proposition espagnole se précise.
Une table-ronde prévue le 11 mars à Rodez
Sous le choc de l'annonce, les salariés du site ont voté en assemblée générale le blocage immédiat de l'usine. "Nous maintiendrons le blocage jusqu'à la tenue le 11 mars d'une table-ronde prévue à Rodez avec les élus locaux et en présence d'un représentant du ministère de l'économie", précise Ghislaine Gistau, élue CGT chez Jinjiang Sam. C'est aussi le 11 mars que le tribunal de commerce doit décider de la mise en place d'une nouvelle période d'observation, qui pourrait s'échelonner jusqu'au 10 juin 2021, et de la suite du calendrier judiciaire du dossier.



