Renault et Nissan veulent accroître leurs synergies dans les batteries

Le directeur général de Renault, Luca de Meo, a indiqué que le groupe français et son partenaire Nissan cherchaient à approfondir les synergies dans les modules de batteries électriques.

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Renault ZOE 2.0
La Renault Zoé embarque des batteries du fournisseur coréen LG-Chem.

Ce serait une nouvelle illustration concrète de la capacité retrouvée de Renault et Nissan à collaborer au sein de l’Alliance. Les deux groupes sont en discussion pour dégager davantage de synergies dans les modules de batteries électriques, a annoncé mardi 11 mai le directeur général de Renault, Luca de Meo, lors d'une conférence organisée par le Financial Times.

"Nous prenons actuellement beaucoup de décisions pour mettre des choses en commun. Les modules de batteries, par exemple, sont un de ces sujets dont nous discutons en ce moment même", a mis en avant le dirigeant italien. Selon lui, cette initiative pourrait permettre à l’Alliance d’être la première à franchir la barre du million de véhicules vendus sur une même architecture de batteries.

Ce faisant, Renault et Nissan résoudraient un de leurs points faibles sur le plan des synergies. Jusqu’en 2018, Nissan disposait de sa propre division dédiée aux batteries pour véhicules, Automotive Energy Supply Corporation (AESC), cédée à Envision Group, une société chinoise d'énergies renouvelables. Renault de son côté collabore avec le Coréen LG pour équiper notamment sa Zoé.

Un rapprochement sur les batteries pourrait permettre à Renault et Nissan de réduire les coûts de ces composants cruciaux. De quoi assurer par ricochet une baisse des prix des voitures électriques. Selon une étude publiée récemment par Bloomberg New Energy Finance (BNEF), la parité entre un modèle à batteries et une voiture thermique pourrait être atteinte au milieu de la décennie.

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Plates-formes communes

La baisse du coût des batteries devrait largement y contribuer, avec des packs qui devraient enfin passer le cap crucial des 100 dollars du kilowattheure (kWh) en 2024, contre environ 137 dollars/kWh en 2020. Mieux encore, ces composants pourraient descendre à 58 dollars/kWh fin 2030, prévoit BNEF. L’autre effort pour assurer la baisse des coûts proviendra des constructeurs eux-mêmes.

Selon BNEF, l’adoption de plates-formes électriques dédiées assurera une baisse des prix des voitures électriques. Dans ce domaine aussi, Renault et Nissan tentent d’accroître leurs synergies. La future Mégane électrique, dont la production doit être assurée par l’usine de Douai (Nord), reposera ainsi sur la plate-forme modulaire CMF-EV développée par les deux constructeurs français et japonais.

Déjà adoptée par le SUV Nissan Ariya, cette plate-forme devrait permettre de réaliser des économies d’échelles substantielles : "sur une même gamme, 90% des pièces sont communes sur la plate-forme", témoignait en octobre 2020 Jean-Paul Drai, le directeur ingénierie des projets voitures électriques du groupe Renault.

De quoi permettre de faire face à la concurrence croissante dans l’électrique. Ces efforts sont aussi un moyen pour les membres de l’Alliance de renouer avec la rentabilité, après plusieurs années de fortes turbulences. Pas encore sorti de sa crise, Nissan a grevé les comptes de son partenaire tricolore au premier trimestre, avec une contribution négative de 73 millions d’euros. 

Julie Thoin-Bousquié avec Reuters

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