SUV, électrique, prix... Comment la marque Renault construit sa renaissance

Le groupe Renault a livré des éléments sur la stratégie pour sa marque éponyme ce 6 mai. Véhicules électriques et hybrides, positionnement sur le segment C et recentrage sur les marchés porteurs sont au programme.

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Arkana Renault
Renault vise un chiffre d'affaires unitaire moyen de 30 000 euros sur le nouvel Arkana.

Marque "la plus verte" d’Europe, en pointe sur la technologie, recentrée sur le segment C… Le groupe Renault a donné, jeudi 6 mai lors d’une présentation en ligne, des éléments supplémentaires sur la stratégie de sa marque éponyme, dont les contours avaient déjà été esquissés à la présentation du nouveau plan stratégique Renaulution en janvier 2021.

Concentré sur la valeur et non plus les volumes, Renault a notamment dit viser un chiffre d'affaires unitaire moyen de 30 000 euros sur le nouvel Arkana, pour lequel le groupe a déjà enregistré 6 000 commandes en mai en Europe. Un niveau deux fois supérieur au chiffre d’affaires réalisé en moyenne sur la gamme de la marque Renault à l’heure actuelle. Dans le sillage d’Arkana, la marque Renault prévoit de lancer d’ici à 2025 sept modèles sur les segments C et D, jugés plus rentables. Sans surprise, tous seront électrifiés. Dans ce cadre, Renault a d’ailleurs annoncé qu’il allait élargir les applications de sa technologie hybride e-Tech au segment C-SUV, avec un nouveau moteur trois cylindres associé à un moteur électrique à partir de 2022.

Rentabilité équivalente thermique- électrique en 2025

«Même en 2030, avec une grande pression à la baisse des émissions de CO2, nous restons convaincus que la technologie hybride restera le plus gros contributeur aux volumes. Nous nous attendons à ce qu’en 2030, l’hybride représente au moins 40% du marché global», a justifié le directeur général de Renault, Luca de Meo.

Sur le véhicule 100% électrique, le dirigeant de Renault a certifié qu’en «valeur absolue, la rentabilité des véhicules électriques est supérieure à celle des moteurs thermiques». Mais «ce n’est pas le cas en pourcentage, et c’est un défi pour nous», a ajouté Luca de Meo. Le point d’inflexion pourrait toutefois intervenir autour de 2025 à 2026, a-t-il indiqué. «Nous souhaitons être parmi les premiers, voire le premier, à voir se croiser les courbes en matière de rentabilité entre moteur thermique et véhicule électrique en Europe. Ce sera le signe que notre avenir sera radieux», a déclaré Luca de Meo, alors que des discussions sont en cours autour d’un durcissement des règles d’émissions de CO2 en Europe d’ici à 2030.

Recentrage sur les marchés porteurs

Côté marchés, la marque Renault veut donner la priorité à son périmètre historique, l’Europe, tout en se concentrant sur quelques pays : le Brésil, la Russie, la Turquie et l'Inde. Sur le marché russe, le groupe au Losange veut conforter ses 30% de parts de marché en investissant sur sa marque Lada, tandis que Renault devrait monter en gamme, comme dans le reste du monde.

L’absence de la Chine dans la liste ne surprend guère au regard des difficultés du groupe sur le premier marché mondial. Grâce à ces différents leviers sur le périmètre Renault, et les actions engagées sur les autres marques, le constructeur tricolore espère renouer avec la rentabilité, après avoir enregistré une perte de 8 milliards d’euros en 2020.

Les efforts engagés sur la maîtrise des prix des ventes ont toutefois déjà permis de limiter le recul du chiffre d’affaires à -1% au premier trimestre. Sur la période, les ventes de la marque Renault ont progressé à 433 600 unités – sur un total de 665 000 véhicules. Un signal encourageant pour la marque, en perte de vitesse ces dernières années, et un groupe qui cherche à se réinventer après l’ère Ghosn.

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