Les chantiers de Renault pour faire de la RSE "un levier de performance"

Renault a présenté sa nouvelle stratégie RSE, qui comporte trois piliers : réduction de l’empreinte carbone, sécurité des clients et des collaborateurs, et inclusion. Pour son directeur général Luca de Meo, la RSE doit devenir "un levier de performance".

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Renault Zoé textile
Renault veut être le plus gros intégrateur de matériaux recyclés dans ses véhicules, à l'image du textile produit à partir de ceintures de sécurité de la Zoé.

La  responsabilité sociétale des entreprises (RSE) comme "levier de performance". C’est l’ambition de Renault, qui a présenté sa nouvelle stratégie environnementale et sociétale devant ses actionnaires, lors de son assemblée générale diffusée en ligne le 23 avril.

«Jusqu’ici [la RSE] était très présente, mais parfois décorrélée de l’opérationnel. Nous l’inscrivons désormais dans la Renaulution comme l’un de ses chapitres», a déclaré le directeur général du groupe, Luca de Meo. Et de lister les piliers de la stratégie de Renault : «réduction de [l’]empreinte carbone et usage optimisé des ressources au bénéfice de l’environnement et de [la] performance économique», «sécurité des clients sur les routes et des collaborateurs sur le lieu de travail» et inclusion.

Dans le cadre du premier volet, Luca de Meo a rappelé les objectifs de neutralité carbone, prévue "en Europe dès 2040, et dans le monde en 2050". Pour y parvenir, Renault va travailler en amont sur la décarbonation de six matériaux et composants, qui "représentent 90% de l’empreinte carbone de [ses] achats". Il s’agit de l’acier, l’aluminium, des polymères, des composants électroniques, ainsi que des pneumatiques et du verre.

Tarification interne du carbone

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"En commençant par ces six composants d’ici 2030, nous fixons une ambition de 30% de réduction de l’empreinte carbone liée à nos achats. Cela passera par un engagement commun avec nos principaux partenaires et fournisseurs", a estimé Luca de Meo. En parallèle, le directeur général de Renault a présenté son groupe comme étant le premier constructeur automobile à adopter le principe d’une tarification interne du carbone. "Concrètement, chaque offre fournisseur sera assortie d’un bilan carbone et nous nous appliquerons progressivement un surcoût qui ira de 50 euros la tonne d’ici 2025, jusqu’à 100 euros la tonne d’ici 2030", a dévoilé Luca de Meo. Un principe déjà mis en œuvre par 2 000 entreprises à travers le monde, soit une hausse de 80% du nombre de sociétés concernées en l’espace de cinq ans, selon le dernier rapport de l’organisation CDP (ex-Carbon Disclosure Projet).

Focus sur les matériaux recyclés

Autre défi pour Renault dans son chemin vers la neutralité carbone : les batteries. "Dès 2025 avec lancement de la nouvelle R5, notre batterie affichera une réduction de son empreinte carbone de 20%, car elle sera assemblée en France avec une énergie fortement décarbonée", a certifié Luca de Meo. Grâce à "un approvisionnement en lithium et nickel affichant une faible empreinte carbone" par le biais "de solutions minières vertueuses ou du recyclage", la réduction devrait ensuite grimper à 35%.

Dans le cadre du partenariat annoncé récemment avec Solvay et Veolia sur le recyclage des batteries, le groupe prévoit de réinjecter "80% des matériaux stratégiques" issus d’anciennes batteries dans de nouveaux accumulateurs. Objectif : "en 2030, nous resterons le premier constructeur mondial en pourcentage de matière recyclée dans nos véhicules neufs, toutes marques confondues et partout dans le monde", a annoncé Luca de Meo.

Quatre euros gagnés pour chaque euro investi

En France, le pôle électrique dans le Nord et Cléon (Seine-Maritime) seront neutres en carbone en 2025, tandis que Flins (Yvelines)"deviendra la première usine carbone négative d’Europe dédiée à l’économie circulaire d’ici à 2030". Dans le monde, les émissions de CO2 liées à la production seront réduites de la moitié. Des efforts dont Renault attend des retombées sonnantes et trébuchantes. "Chaque euro investi dans la décarbonation de nos usines, nous en fait économiser quatre", a annoncé Luca de Meo.

A la présentation du plan stratégique Renaulution, les dirigeants de Renault avaient annoncé vouloir faire de la marque éponyme la plus verte d’Europe, en réduisant fortement les émissions de CO2 de ses véhicules à l’usage grâce à l’électrique. Mais tout le portefeuille est concerné. "En 2030, le niveau des émissions à l’usage du groupe sera réduit de 65% en Europe et de 35% dans le monde", a mis en avant le directeur général du groupe au Losange devant les actionnaires.

Véhicules bridés à 180 km/h

En matière de sécurité des clients, Renault a créé la stupeur en annonçant que la vitesse maximale de ses futurs modèles serait limitée à 180 kilomètres/heure pour contribuer à la réduction des accidents de la route. La nouvelle Mégane électrique, qui doit être produite à Douai (Nord), embarquera ainsi "un régulateur de vitesse réglé par défaut, avec sa vitesse à 160 km/h". Ce faisant, le groupe français emboîte le pas de son concurrent suédois Volvo, qui avait pris une décision similaire en 2020.

Les futurs véhicules du groupe au Losange proposeront aussi un système de "rescue code", permettant aux pompiers de connaître la structure du véhicule en cas d’accident. En matière d’inclusion enfin, Renault va notamment créer une université pour assurer la formation de ses salariés aux nouveaux métiers liés à l’automobile. A l’image de la Renaulution, chacune de ces ambitions seront portées par les marques Alpine, Dacia et Renault.

A chaque marque sa mission

La première se concentrera sur les enjeux la parité, via par exemple le programme "She Races", tandis que Dacia travaillera sur la mobilité inclusive et l’usage frugal des ressources. Renault sera l’étendard du groupe dans les batteries et véhicules bas carbone. De nouvelles transformations qui s’ajoutent à celles déjà impulsées par le plan stratégique Renaulution, dont les premiers effets se sont sentir, selon Luca de Meo.

Malgré un chiffre d’affaires toujours en léger retrait au premier trimestre – 10 milliards d’euros, -1,1% par rapport à 2020, pour 665 000 voitures vendues (+1,1%) –, le dirigeant italien s’est notamment félicité de l’évolution de l’effet prix sur la période, en hausse de six points. Une preuve, selon lui, de la concrétisation de la nouvelle stratégie fondée de Renault sur une recherche de la valeur et non des volumes.

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