C’est désormais officiel. Renault et Nissan sont en train de finaliser les accords qui doivent permettre de relancer leur Alliance, née en 1999. «Après plusieurs mois de discussions constructives avec Nissan Motor, Renault Group annonce aujourd'hui que, sous réserve de l'approbation de son conseil d'administration, il a franchi une étape majeure dans ses discussions sur la définition des nouvelles bases de leur partenariat», a indiqué le constructeur automobile français dans un communiqué publié lundi 30 janvier.
Le conseil d’administration du groupe japonais devra également donner son feu vert au projet. Après approbation des deux conseils, Renault et Nissan présenteront les détails de leur nouvelle Alliance aux investisseurs. Selon nos informations, l’événement doit se dérouler lundi 6 février à Londres (Royaume-Uni).
Rééquilibrage des participations croisées
Les piliers de la nouvelle Alliance ont déjà largement fuité mais Renault et Nissan confirment pour la première fois des éléments importants. À savoir que le constructeur français est prêt à transférer 28,4% de ses actions Nissan dans une fiducie française pour réduire sa participation de 43,4% à 15%. C’est-à-dire un niveau identique à la participation de Nissan dans Renault. Le constructeur français réduirait ainsi son pouvoir sur les décisions du groupe japonais, un vieux sujet de litige entre les deux alliés.
«Renault Group et Nissan conserveraient une participation croisée de 15%, avec une obligation de conservation, ainsi qu'une obligation de plafonnement de leurs participations. Ils seraient tous deux en mesure d'exercer librement les droits de vote attachés à leur participation directe de 15%, avec un plafond de 15%», détaille les deux entreprises.

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Concernant la revente des 28,4% placés en fiducie, aucun calendrier n’est précisé. «Renault Group donnerait instruction au fiduciaire de vendre ces actions Nissan si les conditions économiques sont raisonnables pour Renault Group, dans le cadre d'un processus organisé et ordonné, mais il n'aurait aucune obligation de vendre ses actions dans un délai spécifique prédéterminé», indique le Losange.
De son côté, Nissan confirme son intention d’investir dans Ampere, la nouvelle entité de Renault dédiée à la transition électrique et au logiciel. Le montant de cet investissement n’est toujours pas précisé et les investisseurs devraient regarder de près cette question le 6 février. Nissan indique simplement qu’il souhaite devenir «un actionnaire stratégique».
Des projets opérationnels encore flous
Sur le volet opérationnel, Renault et Nissan se montrent plus évasifs et parlent de relancer leur partenariat avec des projets «à forte création de valeur». Les constructeurs évoquent des «projets clés en Amérique latine, en Inde et en Europe, qui seraient déployés selon trois dimensions : marchés, véhicules et technologies.» Le sujet est particulièrement brûlant pour Renault, qui a vu ses ventes mondiales chuter de 24% en 2022 avec son retrait de Russie. Pour autant, les deux constructeurs devront démontrer leur capacité à s’affirmer en Amérique latine et en Inde, où d’autres constructeurs se sont heurtés à l’instabilité des marchés et à une compétition féroce sur les prix.
Renault et Nissan parlent aussi de «renforcer l'agilité stratégique avec de nouvelles initiatives auxquelles les partenaires peuvent se joindre». Un sujet particulièrement cher au camp français. Depuis son arrivée à la tête de Renault, en 2020, le directeur général Luca de Meo n’a cessé de promouvoir une stratégie de partenariats pour partager les investissements dans le véhicule électrique et le logiciel. Mais pas que. En novembre 2022, Renault a dévoilé un vaste accord avec Geely pour faire perdurer son activité historique dans les moteurs thermiques. Le groupe français discute également activement avec Aramco d'une entrée au capital de son projet «Horse».



