La R5 se dévoile enfin. Esquissée sous forme de prototype il y a déjà un peu plus de trois ans, «l’icône intemporelle» de Renault opère son vrai retour. La marque au Losange a choisi le salon de l’automobile de Genève, en Suisse, pour présenter en première mondiale ce lundi 26 février son très attendu petit véhicule électrique, symbole du «nouveau Renault». Celui d’un groupe tourné vers l’avenir et prêt à embrasser l’ère de la motorisation électrique à batterie face à de coriaces nouveaux concurrents. Celui aussi d’un industriel qui prône le retour à une fabrication «made in France» autour du pôle de production nordiste d’ElectriCity (Douai et Maubeuge pour le montage, Ruitz pour la fabrication des boîtes de vitesse). Celui, encore, d’un constructeur qui appelle de ses vœux le retour des petites citadines dites abordables (avec les «gisements de bénéfices» qu’elles sont susceptibles de générer).
Petite (3,92 mètres de long pour 1,77 mètre de large), légère (maximum 1 450 kilos), disponible à partir de 25 000 euros environ et produite, comme dans le temps, dans l’usine de Douai (Nord), la nouvelle R5 électrique est un concentré de ces ambitions. «On avait besoin d’une étoile polaire, d’un véhicule qui donne une direction [au groupe]», rappelle Fabrice Cambolive, directeur général de la marque, tout sourire à côté du modèle à la couleur jaune qui rappelle l'histoire de la marque. La Renault 5 «possède tous les atouts pour devenir la citadine de référence de la transition énergétique», clame Renault, qui souhaite que le modèle apporte un vent de fraîcheur à sa gamme.
Renault - DPPI
Renault - DPPI Design «rétrofuturiste»
Pour revisiter son emblématique modèle sorti d’usine pour la première fois en 1972, Renault a pris le pari de jouer la carte «rétrofuturiste» : reprendre des éléments stylistiques symboliques de la R5 et les remettre au goût du jour en y ajoutant une touche de technologie. C’est ainsi que la grille d’aération reste présente mais évolue pour devenir un indicateur du taux de charge de la batterie du véhicule (par tranche de 20%). Une manière de permettre au véhicule de dialoguer avec son utilisateur… et peut-être de relancer les ventes électriques de Renault.
Renault - DPPI Deux batteries seront disponibles sur la Renault 5 : un pack de 40 kwh pour une autonomie jusqu’à 300 kilomètres en cycle mixte ou une version plus grosse de 52 kwh pour gagner jusqu’à 400 kilomètres d’autonomie.

- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
Sur ce segment, Renault commercialise actuellement sa Megane E-Tech, dont 47 504 unités ont été vendues en 2023. La production de la Zoé dans l’usine de Flins (Yvelines) doit s’arrêter dans les prochains jours. Une nouvelle version de l’actuelle Twingo, en fin de vie, a été annoncée pour 2025. Une 4L réinventée pourrait aussi pointer le bout de son capot.
En attendant, pour étoffer sa gamme dans les prochains mois, Renault peut toutefois compter sur l’arrivée du nouveau Scenic E-Tech sur le marché, avant l’arrivée de la R5 dans les concessions au second semestre 2024. La marque ne communique pas sur des objectifs de production ou de vente pour la R5, mais affirme que plus de 30 000 personnes ont déjà manifesté leur intérêt pour le nouveau véhicule.
Renault - DPPI Sous le capot, le moteur change de nature mais reste bien présent. Selon la motorisation choisie, un moteur synchrone à rotor bobiné proposera une puissance de 70 kw (95 chevaux), 90 kw ou 110 kw (150 chevaux).
Le pari industriel hexagonal de Renault
Les trois modèles (Megane, Scenic et R5) seront assemblés sur la même ligne de montage, à Douai (Nord). Ce choix de relocaliser sa production de véhicules électriques dans l’Hexagone est un défi industriel et économique pour le groupe Renault. Quid de la compétitivité ? Si ses concurrents sont sceptiques, Renault se dit capable de produire en France des voitures électriques de petite taille sans perdre d'argent, après avoir pourtant délocalisé sa production en Espagne, Turquie, Chine ou au Maroc ces dernières décennies. «A travers Ampere, on a créé une vision assez claire de ce qu’on veut faire, commente Luciano Biondo au sujet de la nouvelle filiale de Renault dédiée au véhicule électrique et au logiciel, dont il est devenu le directeur des opérations industrielles. A chaque arrivée de nouveau véhicule, on se rapproche de notre but ultime en termes de performance.»
Le Valenciennois de 53 ans assure que «les équipes ont vraiment travaillé pour que les plateformes Ampr Small et Ampr Medium (les nouveaux noms des plateformes modules CMF-B EV et CMF EV de l’Alliance Renault-Nissan, ndlr) puissent être sur la même ligne de montage et contribuer à la performance de l’usine de Douai. C’était important pour parvenir à produire en France des voitures de segment B.» La batterie de la R5 sera par ailleurs également fabriquée à Douai à partir de l’été 2025, par AESC Envision qui a racheté 144 hectares de terrain à Renault.
Malgré la promesse d’un véhicule conçu pour les masses avec un prix d’appel autour de 25 000 euros, la R5 (concurrente directe de la nouvelle Citroën ë-C3 signée Stellantis, assemblée en Slovaquie) reste toutefois un véhicule relativement onéreux dont le prix pourrait facilement grimper en fonction du choix de motorisation et du niveau de finition. Fabrice Cambolive estime que «cette voiture se prête à avoir une tranche de prix extrêmement large pour s’adapter aux usages». Des tarifs plus précis seront communiqués au mois de mai, lors de l’ouverture des commandes. Une version sportive plus haut de gamme sera dévoilée dans les prochains mois par Alpine sous l’appellation A290.



