Selon nos confrères d’Enerpresse, la Commission européenne, qui doit présenter le 21 avril un premier acte délégué de ses critères pour la taxonomie des investissements durables, va exclure le gaz naturel de ses propositions. Le nucléaire, qui fait débat sur la question des déchets, faisait déjà l’objet d’un traitement particulier et la décision était déjà renvoyée à fin 2021.
Désormais c’est aussi le gaz naturel qui ne sera pas traité. Dix Etats membres, Pologne en tête, étaient monté au créneau, en janvier dernier, pour réclamer de classer le gaz comme « énergie de transition » car il est moins émetteur de CO2 que le charbon, même s’il est au dessus de 100g/CO2/KWh, seuil retenu en principe par la Commission. Au-delà du type d’énergie, toujours selon Enerpresse, la Commission européenne ne souhaiterait plus produire d’acte délégué pour ce qui les concerne, mais renvoyer le débat au Conseil européen et au Parlement via une procédure législative classique.
Délais qui s'allongent
Cela promet, si la Commission finalise sa proposition en fin d’année 2021, de décaler encore l’adoption finale de la taxonomie de 12 à 18 mois. Elle est pourtant attendue avec impatience par les investisseurs qui aspirent à se doter d’un cadre commun et cohérent pour évaluer la « durabilité » de leur portefeuille. Et éviter le greenwashing entre les acteurs grâce à des critères précis.
Mais les différences de mix énergétique en Europe entre ceux qui sont déjà très décarbonés via les énergies renouvelables ou le nucléaire et ceux qui s’appuient encore largement sur les fossiles soumettent la Commission à un lobbying intense des Etats, sans compter celui des industriels concernés d’un côté et des ONG de l’environnement de l’autre. Pour lesquels c’est toujours trop ou pas assez.



