Qui seront les premiers vaccinés contre le Covid-19 ? La Haute autorité de santé révèle ses recommandations

La Haute autorité de santé a dévoilé le 30 novembre ses recommandations très attendues sur les personnes à vacciner en priorité en France. Le gouvernement et les laboratoires devront toutefois éclairer plusieurs zones d’ombre.

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Vaccin
Les vaccinations contre le Covid-19 en France devraient débuter en janvier 2021.

Pas la peine de se ruer chez le médecin si vous ne faites pas partie des personnes à risque. Lundi 30 novembre, la Haute autorité de santé (HAS) a dévoilé ses nouvelles recommandations sur les populations à vacciner en priorité contre le Covid-19. Plusieurs incertitudes demeurent sur le calendrier alors que le gouvernement doit présenter dans la foulée sa stratégie sur ce sujet complexe.

Lors de sa dernière conférence de presse, le gouvernement est resté assez évasif sur la question des vaccins. Des annonces de l’exécutif sont attendues cette semaine du lundi 30 novembre. En attendant, l’avis de la HAS donne un bon aperçu du déroulé de la campagne. L’autorité indépendante préconise ainsi un plan “par étape et par ordre de priorité”.

La HAS, favorable à une vaccination volontaire

“Cette priorisation a un objectif très clair : diminuer les hospitalisations et les décès tout en préservant les fonctions essentielles de notre pays et en particulier son système de santé. Et ce, dans un contexte d’approvisionnement de doses qui sera progressif”, a introduit Dominique Le Guludec, présidente du collège de la Haute autorité de santé.

Les publics prioritaires ont été définis selon plusieurs critères. “Ce sont essentiellement des critères de vulnérabilité personnels, comme l’âge. C’est aussi l’exposition au virus”, a décrit Dominique Le Guludec. Au-delà des professionnels de santé, les opérateurs de secteurs jugés essentiels ou les salariés travaillant dans des lieux clos pourront être vaccinés en priorité.

Priorité ne signifie pas obligation. “Ce que nous souhaitons, c’est l’adhésion des Français à cette vaccination qui représente réellement une lumière au bout du tunnel, et une acceptation fondée sur une transparence totale et une information claire”, a argumenté la présidente. “Cette non obligation pourra être éventuellement rediscutée”, a ajouté Elisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS.

Début 2021, 850 000 personnes à vacciner en priorité

La phase 1 devrait être lancée au début de l’année 2021, “dès livraison des premières doses disponibles”. Pour la HAS, les vaccinations les plus urgentes concernent les personnes âgées résidant en Ehpad ou tout autre hébergement collectif. “Un tiers des décès rapportés en France sont survenus chez des personnes vivant dans des Ehpad”, justifie Elisabeth Bouvet.

Les personnels de ces établissements seront également ciblés s’ils présentent eux-mêmes un risque accru à cause de leur âge ou de comorbidités : obésité, BPCO, insuffisance respiratoire, hypertension artérielle compliquée, insuffisance cardiaque, diabète de types 1 et 2, insuffisance rénale chronique, cancers récents de moins de trois ans, transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques et trisomie 21. “Il y a d’autres pathologies et types de handicaps qui font moins consensus, qui sont encore examinés et qui pourront être intégrés au fur et à mesure”, a précisé Daniel Floret, vice-présicent de la commission techniques des vaccinations.

Plan vaccins HAS 1/2HAS
Plan vaccins HAS 1/2 Plan vaccins HAS 1/2

La HAS estime que ces deux groupes représentent 850 000 personnes : 750 000 personnes en Ehpad et 90 000 à 100 000 professionnels à risque accru dans ces lieux.

Des “secteurs essentiels” à définir

La phase 2 devrait englober quant à elle 15 millions de personnes, “dès lors qu’un nombre plus important de doses sera disponible”. Elle concerne les autres personnes de plus de 75 ans, les 65 à 74 ans présentant une comorbidité puis les autres personnes de 65 à 74 ans. Cette étape ciblera aussi plus largement les professionnels de santé, du médico-social et du transport sanitaire, peu importe leur mode d’exercice mais toujours en priorisant les professionnels âgés de plus de 50 ans ou présentant une comorbidité.

En phase 3, on retrouve les personnes âgées de plus de 50 ans, les personnes majeures présentant une comorbidité, les professionnels de santé restants mais aussi les opérateurs de secteurs “essentiels”. “Il ne revient pas à la HAS de définir ces personnes qui sont indispensables au fonctionnement du pays. Ce n’est pas une donnée scientifique. C’est une donnée politique. Il reviendra au gouvernement de définir ces secteurs”, a souligné Daniel Floret. La sécurité et l’éducation ont été mentionnés à titre d’exemple.

Quid du calendrier et des mineurs ?

Les phases 4 et 5 sont décrites comme des étapes “d’élargissement” (voir tableau ci-dessous). Il faudra attendre la phase 5 pour que débute la vaccination des personnes majeures sans comorbidité et sans risque accru. Plusieurs incertitudes demeurent toutefois, notamment sur le calendrier. “Il est difficile aujourd’hui de donner des dates pour ces différentes phases, a reconnu Daniel Floret. Ceci va être conditionné par les approvisionnements en vaccins. Les phases 2 et 3 devraient suivre de très près la phase 1 alors que les phases 4 et 5 surviendront probablement plus tardivement.” 

Plan vaccins HAS 2/2HAS
Plan vaccins HAS 2/2 Plan vaccins HAS 2/2

Une absence notable figure également dans la présentation de la HAS : les personnes mineures qui n’apparaissent même pas dans la phase 5. Les enfants présentent un risque moins fort de vulnérabilité au Covid-19 mais il y a une autre explication : les premières autorisations de mise sur le marché devraient exclure les moins de 18 ans. “Manifestement les enfants paraissent peu affectés par la maladie et paraissent ne pas intervenir beaucoup dans la transmission. C’est la raison pour laquelle les essais cliniques n’ont pas inclus les moins de 18 ans. Il est certain que les différents laboratoires industriels qui développent des vaccins ont l’intention dans un deuxième temps d’introduire des enfants”, développe Daniel Floret.

La HAS attend également plus de données pour déterminer quels vaccins pourront lutter le mieux contre la transmission du virus. En attendant, le gouvernement est attendu pour présenter son plan de bataille pour assurer la logistique de cette campagne de vaccination inédite.

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