Un seul acteur défend les couleurs européennes dans le Top 10 mondial du cloud d’infrastructure. Il ne s’agit ni d’OVH, ni d’Orange, ni de T-Systems.
Il s’agit de l’éditeur allemand de logiciel SAP. Ce leader mondial des ERP, ces logiciels de gestion qui forment la colonne vertébrale des entreprises, trône à la dixième place mondiale avec environ 1 % du marché. C’est-ce que révèlent les chiffres du troisième trimestre 2020 du cabinet Synergy Research.
Le Covid-19, un point d'inflexion
Quatrième éditeur mondial de logiciel derrière les américains Microsoft, Oracle et IBM, SAP est connu dans le cloud surtout dans le segment du logiciel à la demande (SaaS pour software as a service). Mais il est, comme Microsoft, Oracle ou Salesforce, également actif dans le segment de l’infrastructure à la demande (IaaS pour Infrastructure as a service + PaaS pour Platform as a service), qu’il utilise comme plate-forme pour accompagner la migration de ses clients sur le cloud. Sur l'ensemble du marché, il figure dans le Top 6 mondial selon le cabinet Omdia.
Sur les neuf premiers mois de 2020, le groupe de Walldorf, qui compte 101 500 personnes dans le monde, dont plus de 25 000 en Allemagne, affiche un revenu de 6 milliards d’euros dans le cloud, en bond de 20 % en un an, sur un chiffre d’affaires total stable de 19,8 milliards d’euros. Pour l’ensemble de cette année, il table sur un revenu dans le cloud autour de 8,1 milliards d’euros, en augmentation annuelle de 17 %, sur un chiffre d’affaires total médian de 27,5 milliards d’euros comparable à celui en 2019.
" La crise du Covid-19 a créé un point d'inflexion pour nos clients, affirmait le directeur général, Christian Klein, lors de la publication des derniers résultats trimestriels, le 25 octobre. Le passage au cloud, combiné à une véritable transformation métier, devient un levier incontournable pour les entreprises pour gagner en résilience et se mettre en situation de sortir plus fortes de la crise. En collaboration avec nos clients et partenaires, nous co-innoverons et réinventerons la façon dont les entreprises fonctionnent dans un monde numérique. "
Taux de revenu récurrent: 85 % en 2025
La pandémie du Covid-19 est vue comme un formidable accélérateur de la transformation numérique des entreprises, et donc de la migration vers le cloud qui en constitue un socle essentiel. Une dynamique qui laisse SAP entrevoir un revenu de plus de 22 milliards d'euros dans le cloud en 2025 sur un chiffre d’affaires total d’environ de 36 milliards d’euros. De quoi porter le taux de revenu récurrent à plus de 85 % en 2025, contre 74 % au troisième trimestre 2020.
Selon Synergy Research, le marché du cloud d’infrastructure a bondi de 33 % au trosième trimestre 2020 à 32,8 milliards de dollars, portant le chiffre sur les quatre derniers trimestres à près de 120 milliards de dollars. " Alors que nous nous attendions à une forte croissance continue du marché, l'ampleur de la croissance au troisième trimestre 2020 était un peu surprenante, affirme John Dinsdale, analyste en chef chez Synergy Research. Les revenus totaux ont augmenté de 2,5 milliards de dollars par rapport au trimestre précédent, ce qui a entraîné une hausse du taux de croissance d'une année sur l'autre. C’est inhabituel pour un marché aussi vaste. Il est tout à fait clair que la crise du Covid-19 a fourni un coup de pouce supplémentaire à un marché qui se développait déjà rapidement. "
Trois camps d'acteurs
Le cabinet ventile les dix plus gros acteurs du marché en trois camps. Le premier réunit Amazon Web Services et Microsoft Azure, qui tendent à asseoir un duopole avec respectivement 31 % et 18 % du marché au troisième trimestre. Le deuxième regroupe Google, Alibaba et Tencent, qui se posent en challengers des deux leaders avec respectivement 9 %, 5 % et 2 % grâce à une croissance plus rapide que l’ensemble du marché. SAP figure dans le troisième camp, celui des acteurs de niche qui concentrent davantage leurs efforts sur des services, des zones géographiques ou des groupes de clients spécifiques, aux côtés de IBM, Salesforce, Oracle et NTT avec des parts respectives de marché de 5 %, 3 %, 2 % et 1 %.
Synergy Research 


