Dans quelle mesure un salarié peut-il penser contre les intérêts de son employeur ou même s’interroger sur les objectifs de son entreprise ? Le réseau Plazza a été lancé par Orange, à la fois comme un outil collaboratif et un réseau social interne. Chacun peut y lancer des discussions sur le sujet qu’il veut.
La preuve ? Sur le groupe intitulé « je suis vert », les discussions sont franches : on y débat en toute transparence de la 5G, de son intérêt technologique, mais aussi du modèle économique du futur lancement. « Des gens capés, qui savent de quoi ils parlent », assure le représentant maison de la CFE-CGC, Sébastien Crozier. Un groupe constitué librement, avec des salariés, cadres ou non, plus ou moins critiques sur la politique maison...
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu’au jour où un document interne au groupe fuite et se retrouve – on ne sait toujours pas comment – à la Fédération française des télécoms. Une enquête interne est lancée. Des entretiens « musclés » sont menés d’après le syndicaliste, qui explique que la direction cherchait à savoir s’il y avait des liens entre les auteurs du document et des actions de sabotage dans le monde réel.
Côté direction, un porte-parole indique par e-mail que l’enquête « n’a pas été suivie d’effets et [qu’] il ne s’agissait en aucun cas de censurer la parole des collaborateurs [...] » Et de préciser : « De nombreux salariés du groupe sont actifs sur les réseaux sociaux pour y partager et échanger autour de contenus en lien avec notre secteur d’activité, mais aussi en accord avec les causes qu’ils défendent personnellement. »



