Quand le Cyclope nouveau s'attaque au Covid

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"Cette année 2020 s’annonçait presque calme sur le plan économique. Une croissance mondiale de l’ordre de 3 % marquerait la onzième année d’expansion depuis une crise de 2008-2009 désormais oubliée." Alors qu’émerge en Chine un nouveau coronavirus, le rapport Cyclope 2020 (publié le 9 juin) est presque bouclé. Plutôt que de reprendre les 900 pages de sa bible annuelle des matières premières,

Philippe Chalmin y ajoute une centaine de pages qui constituent un premier bilan du Covid-19, qui "a mis à bas tous les orgueils économiques, provoquant la crise la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale". La pandémie n’est pas la plus virulente de l’histoire, rappelle l’historien, qui compare leur létalité, de la peste noire aux grandes grippes du XXe siècle.

Son impact économique, lui, s’annonce sans précédent. Au premier trimestre, le PIB recule de 12 % en Chine et de 7,3 % en France. Sur les marchés de commodités, l’indice Cyclope chute de 42 %, épargnant seulement cinq matières, dont le blé européen. Mais "sans le pétrole, la baisse n’est plus que de 10 %", pointe Philippe Chalmin, qui décrit un "contre-choc énergétique" plus imputable à la stratégie de "l’orgueilleux et impulsif" prince héritier saoudien, qu’il compare au petit Abdallah dans « Tintin au pays de l’or noir », qu’au Covid-19. Les métaux non ferreux "plient, mais ne rompent pas", lâchant 13 à 18 % de leur valeur, tandis que le fer et l’acier affichent une impressionnante résilience. Les récoltes de grains battent des records, écartant le spectre d’une pénurie alimentaire, sauf par manque de pouvoir d’achat.

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