Portrait

Prix spécial du jury 2021 : Cécile Levasseur (Arkema), une détermination sans faille

Nommée aux Trophées des femmes de l'industrie 2021 de L'Usine Nouvelle, Cécile Levasseur dirige le bureau commercial usine d'Arkema France et joue au tennis à haut niveau. Elle reçoit le prix spécial du jury.

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Cecile Levasseur, chef de service BCU et laboratoire chez Arkema Mont
Cécile Levasseur, chef de service du Bureau commercial usine d'Arkema France, à Mont (Hautes-Pyrénées).

Un stage en trois-huit dans une usine Procter & Gamble a définitivement donné à Cécile Levasseur « le goût des usines ». En dernière année à l’école d’ingénieurs Ensiacet, à Toulouse (Haute-Garonne), elle se spécialise en génie chimique. Sa première expérience professionnelle se déroule pourtant dans un laboratoire de recherche d’Atofina Chemicals, aux États-Unis, où elle reste dix-huit mois. « C’était très sympa, mais je ne me voyais pas travailler toute ma vie dans un laboratoire.»

La prochaine conquête des femmes : La disparition des quotas. Ils ont permis aux femmes de s’affirmer dans des milieux presque exclusivement masculins, mais leur présence doit désormais s’imposer naturellement.

De retour en France, ne trouvant pas le poste de ses rêves, elle intègre le master génie industriel de Centrale Paris. Arkema la recrute ensuite à un poste administratif au siège. Elle y patiente avant de décrocher un emploi réellement industriel. La Parisienne prend la direction de Mont, dans les Pyrénées-Atlantiques, où elle devient assistante technique de production. « Il y avait beaucoup de dysfonctionnements quotidiens. Il fallait anticiper pour les éviter et modifier la conduite de l’unité. Un rôle de terrain, enfin ! J’apprenais beaucoup... » Aucun souci pour s’intégrer dans cet univers masculin, « même si j’étais la petite jeunette de 27ans qui descendait de la capitale... »

Une carrière à réorienter

Dans le plan de carrière qu’elle se dessine, Cécile Levasseur espère rapidement « chausser les bottes et mettre le casque » pour démarrer des usines à l’autre bout du monde. Un rêve brisé par un grave accident de ski qui la rend paraplégique en 2009. « Mes projets se réorientent, plus possible de grimper aux colonnes... », commente-t-elle sobrement. Après sept années passées au même poste, Arkema lui confie la responsabilité du Bureau commercial usine, où elle s’occupe de la logistique et du transport des matières dangereuses.

Son dernier grand projet, à 4 millions d’euros, a consisté à refondre totalement l’approvisionnement du site en matières premières par voie ferrée. S’y est ajoutée, depuis, la responsabilité du laboratoire d’analyse contrôle qualité sur cinq lignes de produits finis. Elle coordonne le travail d’une quarantaine de salariés d’Arkema et de 15 autres d’une entreprise extérieure chargée du conditionnement. Cécile Levasseur ne renonce pas à ses rêves de jeunesse : «Ça me plaît beaucoup d’encadrer du personnel, mais j’aimerais bifurquer vers un poste encore plus “production”.»

Cette détermination sans faille vers ses objectifs, elle la met également en œuvre dans le sport. « Je jouais déjà au tennis avant mon accident, j’ai voulu reprendre le sport et accéder au haut niveau. » À raison de trois ou quatre entraînements par semaine, elle est devenue 7e meilleure joueuse française de tennis en fauteuil, est 112e internationale après avoir été 92e. Et compte bien atteindre la 70e place. Pendant ses vacances, elle enchaîne les tournois à l’étranger. Pas question de demander un aménagement de poste pour sa carrière sportive. « Ma fonction ne s’y prête pas. » Pas question non plus d’abandonner l’usine. « L’équipe de France, je n’y suis pas encore, le tennis ne me fait pas vivre. Et puis j’aime trop mon métier ! »

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