Pour les équipes de Bâtilin, rien ne se perd dans le lin. «Alors que la fibre de lin est utilisée de manière répandue dans le textile, nous nous sommes intéressés au sous-produit qu’est l’anas, explique Maxime Stievenard, responsable du développement commercial. Nous valorisons ce bois, contenu dans la tige du lin et qui représente 50 % de la plante.»
Lancée en 2016, la phase de R&D a permis de mettre au point un béton biosourcé et local. «Intégré à de la chaux et de l’eau, l’anas, jusqu’alors valorisé dans la litière pour chevaux, devient un béton qui présente des caractéristiques techniques intéressantes pour la construction.» Maxime Stievenard met en avant un bilan carbone nul, un confort et un déphasage thermiques – durée mise par la chaleur pour traverser un matériau - importants ainsi qu’une régulation naturelle et une hygrométrie intéressante.
Moins de dix ans après les premiers travaux de recherche, Bâtilin, qui fait partie de la coopérative la Linière (qui regroupe 450 liniculteurs à Bourbourg), s’apprête à construire sa première usine à Bourbourg (Nord), un investissement de près de 5 millions d’euros. Objectif : produire 2400 blocs de lin par jour d’ici deux ans. Son équipe de six salariés doublera à l’horizon 2025.
«Aujourd’hui, le marché du biosourcé est une semi-niche, mais il est complètement ouvert. Avec un matériau et une production franco-française, nous espérons lever les derniers points d’interrogation», conclut le dirigeant. D’autant que 80 % de la production mondiale de lin sont français.



