Portrait

Prix de la Femme internationale : Valentina Gabriel (Technip Energies), le management par la confiance

Valentina Gabriel, 53 ans, senior vice-présidente de l’unité régionale Asie-Pacifique de Technip Énergies, est lauréate du prix "International" des Trophées des Femmes de l'industrie 2021 organisés par L'Usine Nouvelle. Son portrait.

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Valentina Gabriel, senior vice-présidente de l'unité régionale Asie-Pacifique chez Technip Energies.

La pression est “plus forte”, reconnaît Valentina Gabriel. Depuis 2018, elle est la première – et la seule – femme chez le parapétrolier Technip Énergies à diriger une région du monde, celle de l’Asie-Pacifique. Alors qu’elle n’avait «jamais senti de plafond de verre dans les métiers de gestion de projets chez Technip – car il y a de la place pour tout le monde», en montant dans la hiérarchie, elle observe que «certains pairs vous font sentir que l’on est là grâce à la diversité».

Il n’en est rien : cette ingénieure chimiste, diplômée de l’université de technologie de Compiègne (UTC) et de l’Imperial College de Londres, démontre chaque jour sa capacité à piloter, depuis Kuala Lumpur, une équipe de 2 000 personnes situées principalement en Malaisie (1 200 personnes), mais aussi en Chine, en Thaïlande, au Vietnam, en Indonésie et en Australie. Et à gagner des contrats. Ses équipes développent une trentaine de projets dans l’exploration et l’exploitation en mer ou sur terre du pétrole et du gaz, mais aussi dans le domaine de la chimie verte et du captage de CO2.

Mais ce dont elle est la plus fière, c’est d’avoir réussi à implanter durablement le télétravail dans cette région du monde, comme à Paris, profitant des contraintes liées au Covid-19. À son arrivée en 2018, on lui avait pourtant bien expliqué qu’il n’était pas possible de faire confiance aux régionaux. Et qu’il faudrait être très dirigiste pour encadrer des Asiatiques trop “respectueux” pour libérer “leur créativité”, des Chinois parfois “têtus”, des Australiens parfois excessivement “optimistes”. Valentina Gabriel prouve le contraire et préfère la main de fer dans un gant de velours à un management de “dictateur”, pour tirer le meilleur de ses équipes et les amener vers toujours plus d’autonomie. Même si inculquer le droit à la déconnexion reste un défi.

La richesse des différences

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La diversité, dans tous les sens du terme, est pour elle un atout, que son parcours chez Technip (devenu TechnipFMC en 2016 et Technip Énergies en 2021) lui a appris à apprécier et à valoriser. Embauchée dans la filiale Technip Geoproduction en 1996, Valentina Gabriel s’est tout de suite expatriée en Malaisie, au Royaume-Uni, puis aux États-Unis, en tant qu’ingénieure en génie des procédés. Elle a ensuite été responsable, durant dix ans, de projets un peu partout dans le monde, de l’Angola à l’Azerbaïdjan, en passant par le Brésil et les États-Unis où elle a «rencontré des gens incroyables».

De toutes ces années, ce qui l’a «le plus marquée, c’est la richesse des différences» dans ces équipes internationales. Et côté différences, ne serait-ce qu’en termes d’accents, Valentina Gabriel a de quoi faire à Kuala Lumpur. Alors certes, elle n’est pas devenue astronaute, son rêve d’enfant. La crise sanitaire a aussi réduit durablement les possibilités pour elle de voyager et de pratiquer la plongée sous-marine et la voile, passions qu’elle a dû troquer contre le yoga et les puzzles. Mais à l’écouter, la confiance de ses équipes lui offre un voyage tout aussi merveilleux.

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