Reportage

Près de Reims, un immeuble de logements sociaux en partie construit grâce à une imprimante 3D

A Bezannes, près de Reims (Marne) débute la construction de douze logements sociaux, grâce à une imprimante 3D béton. L'industriel Holcim est impliqué dans le projet.

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Viliasprint
Le robot COBOD BOD 2 de construction de Peri 3D coûte 1 million d'euros.

Construire «plus vite, mieux, moins cher» : telle est la promesse de l'utilisation de l'impression 3D dans le bâtiment. Une technologie qui passe à l'échelle industrielle, comme le prouve son utilisation sur un chantier de construction à Bezannes (Marne). Pas pour un projet de recherche mais bien pour un futur immeuble de logements.

Sur le chantier, situé près de la gare Champagne-Ardenne TGV, à Reims, le robot COBOD BOD2 de l'entreprise allemande Peri 3D Construction est au travail. Les cordons de béton d’Holcim s'étalent comme du papier mâché depuis le sol. Séchant à 0,5 mètre par heure, ils permettent de construire 1 mètre de mur par jour.

Ce projet innovant est porté par Plurial Novilia, filiale d'Action Logement, promoteur de ViliaSprint2, un immeuble de douze logements sociaux. Avec 30 mètres de long et 9 mètres de hauteur, cet immeuble pourrait devenir l'un des plus grands bâtiments imprimés en 3D de France.

Comme des couches de gâteau

La construction des murs s’effectue via un portique robotisé. Chaque jour, un ouvrier pilote, via une tablette, une machine semblable à une poche à douille géante, se déplaçant sur des rampes. Le béton, fabriqué sur place, est un mélange spécial de macro-fibres synthétiques, conçu par Holcim. Il est acheminé par un tuyau jusqu’à la machine. L'opération évoque davantage l'étalement de sucre glace sur un gâteau que la construction d'un ouvrage de BTP. La machine paramètre longueur, quantité et épaisseur, appliquant, couche par couche, ce béton spécial. Le portique doit être déplacé après la construction de chaque section, une opération qui dure une journée. 

Imprimante 3D béton chantier Plurial NoviliaPlurial Novilia
Imprimante 3D béton chantier Plurial Novilia Imprimante 3D béton chantier Plurial Novilia

À ce jour, la moitié du bâtiment rémois est déjà construite, le tout dans un silence qui contraste avec le vacarme habituel d’un chantier de construction. Le plancher haut du sous-sol a été coulé auparavant. Les murs ont été ensuite érigés par l'imprimante 3D, et des renforts et palissades ont été ajoutés pour construire les étages.  La livraison du bâtiment est prévue au premier trimestre 2026.

Des délais raccourcis ?

L'industrialisation de l'impression 3D doit permettre, à terme, de construire plus de logements, plus rapidement et à des prix maîtrisés, veulent croire les porteurs du projet. «Si demandé, nous pouvons doubler ou quadrupler la vitesse de construction. Cet outil permet un gain de temps de trois mois par rapport à un chantier classique de même niveau, compensant le surcoût du béton par d'autres gains», juge Hélène Lombois-Burger, directrice R&D chez Holcim.

Avec ce projet représentant un investissement global de 4,5 millions d'euros, Plurial Novilia souhaite démontrer la viabilité de son mode constructif. «Il y a une pénurie de main-d'œuvre et de logements. Cette approche complète la construction traditionnelle et doit répondre à ces pénuries. Notre objectif est de démontrer que cette technologie de pointe fonctionne, notamment grâce à l'effet de massification», considère Johnny Huat, directeur général de Plurial Novilia. La machine de Peri 3D Construction coûte environ 1 million d'euros ; le prix du ciment, lui, n’est pas connu. Des projets de bâtiments en 3D ont déjà été réalisés par ces entreprises à l’étranger.

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