Près de Blois, Chiesi investit 70 millions d’euros pour ses sprays respiratoires bas carbone

Le laboratoire pharmaceutique Italien Chiesi a annoncé 10 millions d’euros supplémentaires dans le cadre de Choose France 2024 pour son projet d’extension de son usine de La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher). Au total, 70 millions d’euros seront injectés jusqu’en 2026, et 100 emplois créés, pour une unité spécialisée dans les sprays dotés d’un gaz propulseur bas carbone et qui seront commercialisés dans le monde entier.

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Entre 2001 et 2026, le laboratoire pharmaceutique italien Chiesi, aura investi plus de 200 millions d'euros dans son usine de La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher), spécialisée dans les poudres et les sprays indiqués dans certaines maladies respiratoires.

Il y a un an, Chiesi prévoyait 60 millions d’euros d’investissement et 40 emplois. Dans le cadre de Choose France 2024, le laboratoire pharmaceutique italien a finalement revu les choses en plus grand. Le 14 mai 2026, en présence de Roland Lescure, ministre en charge de l’Industrie et de l’Énergie, un investissement de 70 millions d’euros et la création d’environ 100 postes ont été annoncés pour son usine française de 220 salariés implantée depuis 1992 à La Chaussée-Saint-Victor, près de Blois (Loir-et-Cher).

En avril dernier, Chiesi avait déjà posé la première pierre de son futur bâtiment de 3500 m2 qui viendra s’ajouter aux 15 000 m2 actuels et dont la mise en service est programmée pour 2026. L’objectif est de préparer l’arrivée d’un nouveau gaz propulseur, le HFA152 au lieu du HFA134, affichant une empreinte carbone réduite de 90%, voué à équiper les sprays du laboratoire italien utilisés par des patients souffrant d’asthme ou de bronchopneumopathie chronique (BPCO). Franck Vilijn, directeur industriel de l’usine depuis 2001 et qui vient de passer la main à Fabien Lefrançois, précise que le site sera «le seul au monde de Chiesi pour ces nouveaux sprays».

L’usine française de Chiesi transformée en navire amiral mondial

L’usine française va ainsi renforcer son statut de centre d’excellence du laboratoire italien pour ses médicaments respiratoires. Ce dernier est aussi positionné sur les maladies rares et les médicaments contre les rejets de greffe de rein et de foie. Fabriquant plus de 20 formulations se déclinant en une centaine de présentations pharmaceutiques sous formes de poudres ou de sprays, le site «produit actuellement à 80% pour le marché européen, mais dès juillet 2023 nous avons obtenu l’agrément des autorités sanitaires au Brésil, et nous prévoyons un enregistrement aux normes de la FDA, l’autorité sanitaire américaine, en 2026», indique Franck Vilijn.

Le changement de gaz propulseur a été initié dès 2019 par Chiesi, et l’usine française a piloté le transfert industriel. Les nouveaux sprays sont en cours d’enregistrement dans les différents marchés, avec de premières autorisations attendues dès 2026. Le site produit ainsi déjà, dans sa principale unité des lots cliniques, tout en fabriquant les lots commerciaux de poudres et de sprays utilisant le gaz actuel. Le futur bâtiment sera concentré sur les sprays avec le nouveau gaz, technologie qui sera déployée à terme aussi dans les unités existantes, afin de répondre à la croissance de la demande.

Plus de 200 millions d’euros d’investissement

En près de 20 ans, l’usine française de Chiesi a changé de dimension. Construite en 1992, elle est demeurée modeste les premières années, concentrée sur le conditionnement de formes sèches (comprimés). En 2001, lorsqu’il a pris les commandes, Franck Vilijn n’avait que 36 salariés sous ses ordres. En 2012, un premier investissement de 23 millions d’euros a permis au site de devenir le centre d’excellence pour les poudres de la partie respiratoire du portefeuille de Chiesi. Un second plan d’investissement de 50 millions, entre 2019 et 2022, a ajouté l’activité de production de sprays, avant ce nouveau projet d’extension. En ajoutant les 4 millions annuels investis pour la maintenance et l’amélioration continue, Franck Viljin calcule que Chiesi aura investi «plus de 200 millions d’euros sur le site depuis 2001». Alimentée en principes actifs et matières premières depuis l’Italie et également depuis la Suisse, l’usine se charge de la formulation, du remplissage et du conditionnement.

En France, Chiesi recense actuellement 560 collaborateurs et génère un chiffre d‘affaires annuel d’environ 200 millions d’euros, sur un total de 3,02 milliards d’euros enregistré en 2023 par le groupe italien. La production, estimée à 40 millions d’unités par an, est exportée à 80%. Si La Chaussée-Saint-Victor se pose comme le navire amiral du réseau industriel français de Chiesi. Le laboratoire dispose d’une seconde usine, plus petite, de 94 salariés, spécialisée dans la micronutrition à base d’acides aminés, implantée à Sophia-Antipolis (Alpes-maritimes). Cette filiale d’origine française, NHCO Nutrition, avait été acquise par le groupe en 2018.

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