Soignants, aidants... Près de 4 millions de personnes de plus éligibles à la 3e dose de vaccin anti-Covid en France

Malgré le feu vert donné par l’Agence européenne du médicament pour l'injection d'une 3e dose, avec le vaccin Pfizer/BioNTech, pour toutes les personnes à partir de 18 ans, la France limite les populations concernées. La Haute autorité de Santé (HAS) conseille de limiter ce rappel aux professionnels de santé, aux accompagnants de personnes fragiles et à l’entourage des personnes immunodéprimées. Soit 4 millions de personnes en plus que précédemment, pour un total de 22 millions en France désormais éligibles.

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Vaccin Pfizer Comirnaty Covid-19
Au total, 22 millions de personnes en France sont désormais éligibles à la dose de rappel, par un vaccin anti-Covid ARNm.

La Haute autorité de Santé (HAS) n’a cette fois pas suivi totalement l’avis de l’Agence européenne du médicament (EMA). Cette dernière a autorisé – et non préconisé -, le 4 octobre, l’utilisation d’une dose de rappel au bout de six mois pour l’ensemble des personnes vaccinées, à partir de 18 ans, avec un schéma complet. Cette dose de rappel devant s’effectuer avec le vaccin Comirnaty (Pfizer/BioNTech), qui a reçu une extension de son autorisation de mise sur le marché (AMM) en ce sens, alors qu’un avis est attendu prochainement pour inclure aussi le vaccin Spikevax de Moderna.

Si la HAS, en France, suit la recommandation de l’EMA, elle la limite toutefois aux "professionnels de santé qui prennent en charge ou accompagnent des personnes vulnérables", précise l’agence dans un communiqué. C’est-à-dire les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social et les professionnels du transport sanitaire, "quel que soit leur mode d’exercice, y compris bénévole, et quel que soit leur âge". Sont également désormais éligibles tous les adultes de plus de 18 ans composant l’entourage des personnes immunodéprimées.

22 millions de personnes éligibles en France

Au total, la troisième dose s’ouvre désormais à 4 millions de personnes supplémentaires. La HAS, selon les données du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, indique que la population des professionnels de santé et du transport sanitaire est évaluée à environ 3,5 millions de personnes, et que celle de l’entourage des personnes immunodéprimées s’établirait entre 350 000 et 400 000 personnes en France.

Ces 4 millions de personnes viennent s’ajouter aux personnes déjà éligibles à la dose de rappel depuis le 1er septembre, en l’occurrence les personnes âgées de plus de 65 ans, les résidents des Ehpad et des unités de soins de longue durée, les personnes avec comorbidités et les populations immunodéprimées. Soit les personnes les plus à risques de formes graves de Covid-19. Selon le ministère des Solidarités et de la Santé, cette population représente déjà 18 millions de personnes en France environ. Ce qui porte désormais le total à près de 22 millions de personnes éligibles dans le pays à une dose de rappel au bout de six mois, si la Direction générale de la Santé (DGS) suite bien l'avis de la HAS.

Relever l'efficacité vaccinale contre les infections, les formes sévères et la contiagosité

La HAS appuie sa décision sur les résultats des études en vie réelle sur l’efficacité vaccinale. Laquelle baisse progressivement à partir du sixième mois post-injection, malgré une "efficacité contre les formes graves qui reste à un niveau élevé", précise l’agence. Cette tendance concernerait tous les groupes d’âge, quel que soit le vaccin administré dans le schéma vaccinal complet. La HAS ajoute que cette "baisse de la protection semble relever à la fois d’une moindre efficacité des vaccins vis-à-vis du variant Delta et d’une diminution progressive dans le temps de l’efficacité du schéma avec deux doses de vaccins. La dose de rappel permet de relever l’efficacité vaccinale sur les cas d’infection et les formes sévères". Par ailleurs, la dose de rappel permettrait aussi de diminuer la charge virale des personnes vaccinées mais infectées, et donc de diminuer leur contagiosité. D’où le choix de cette population médicale et de l’entourage, qui ensemble accompagnent les personnes les plus fragiles.

La HAS précise encore que cette dose de rappel doit être effectuée avec un vaccin à ARNm. Soulignant au passage que le vaccin Comirnaty dispose déjà d'une extension d’AMM européenne pour être utilisé en rappel. La demande d’extension d’AMM du second vaccin de ce type, le Spikevax de Moderna, est encore en cours d’examen pour l’EMA, laquelle devrait se prononcer dans les prochaines semaines.

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