Une troisième dose de vaccin recommandée en France pour les personnes les plus fragiles

La Haute Autorité de Santé (HAS) préconise une troisième dose de vaccin anti-Covid, six mois après une primo-vaccination complète, pour les personnes de plus de 65 ans et celles présentant des comorbidités. Cet avis est toutefois conditionné à l’approbation d’une troisième dose par l’Agence européenne des médicaments (EMA).

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Vaccin contre le Covid-19
Si toutes les classes d'âge pourraient être concernées par une troisième dose, la Haute Autorité de Santé (HAS) limite pour le moment sa recommandation aux plus de 65 ans et aux personnes présentant des comorbidités.

Oui, une troisième dose vaccinale face au Covid serait bien nécessaire pour les personnes les plus fragiles et à risques, estime la Haute Autorité de Santé (HAS). Saisie par le gouvernement le 18 août pour se prononcer sur ce sujet, l’institution a publié un avis détaillé ce 24 août à la mi-journée. La HAS préconise bien une troisième dose pour les personnes de plus de 65 ans ainsi que pour celles présentant des comorbidités, soit les deux populations les plus susceptibles de développer des formes graves.

Seulement 4 semaines après un vaccin Janssen

Cette troisième dose est recommandée après un intervalle de 6 mois suite à un schéma vaccinal complet. Ce qui sous-entend 6 mois après une deuxième dose reçue avec les vaccins actuellement autorisés en France ou d'une dose pour les personnes vaccinées après un épisode de Covid avéré. La HAS précise toutefois que pour les personnes vaccinées en une dose unique par le vaccin Janssen (Johnson & Johnson), l’intervalle pour cette dose de rappel ne devrait pas être de 6 mois mais de seulement 4 semaines ! Dans un communiqué, la HAS assure que "les données disponibles ne permettent pas de confirmer l’efficacité à long terme du schéma de vaccination à une dose du vaccin Janssen contre le variant Delta". De plus cette vaccination de rappel est recommandée avec l’emploi d’un vaccin à ARNm. Donc soit le Comirnaty de Pfizer/BioNTech, soit le Spikevax de Moderna.

Cet avis repose sur les résultats issus de différentes études observationnelles. La HAS estime que ces études nécessiteraient d’être menées à plus long terme pour confirmer, mais qu’elles suggèrent déjà une réduction de l’efficacité de tous les vaccins après 6 mois, notamment contre le variant delta, entraînant une baisse de la protection face à l’infection et aux formes symptomatiques, ainsi qu’une "légère baisse d’efficacité sur les formes graves".

Avis conditionné à une autorisation européenne

A ce jour, une troisième dose n’est pas prévue dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) accordées par l’Agence européenne des médicaments (EMA) aux vaccins anti-Covid actuellement disponibles dans l’UE et en France. Lesquels disposent d’ailleurs d’AMM provisoires valables un an et reconductibles. La HAS précise ainsi que son avis est "donc conditionné à la validation de ce rappel par l’EMA". L’avis dispose donc d’une petite marge de manœuvre en termes de calendrier puisque le début de la campagne vaccinale pour une troisième dose est envisagé avec le démarrage de la campagne vaccinale contre la grippe à partir de fin octobre en France.

Toutes les catégories d’âges pourraient être concernées par la 3e dose

L’avis de la HAS se limite aujourd’hui aux personnes les plus vulnérables et donc les plus à risques. Mais il pourrait être étendu à l’avenir. Car la baisse d’efficacité toucherait potentiellement toutes les classes d’âges. Dans son avis, la HAS ajoute ainsi que "l’administration d’une dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent, sans qu’il soit encore possible à ce stade de se prononcer précisément, ni sur la population cible ni sur le calendrier. La HAS sera donc amenée à revoir ses recommandations dès que des nouvelles données le justifieront".

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