La Chine plus que jamais vorace en puces électronique... aux dépens de sa balance commerciale. Alors que sa croissance économique s’est ralentie du fait du Covid-19, tombant à 2,3 % en 2020, ses importations de semi-conducteurs ont bondi de 14,6 % à un record de 350,04 milliards de dollars, selon les chiffres de la douane chinoise publiés par l’association chinoise de l’industrie des semi-conducteurs.
Les exportations ont augmenté de 14,8 % à 116,60 milliards de dollars. Le déficit commercial dans ce domaine sensible se creuse à 233,44 milliards dollars, contre 204 milliards de dollars en 2019.
Cette dégradation de la balance commerciale dans ce secteur intervient alors que l’industrie chinoise des puces affiche une forte progression en 2020. Selon les statistiques de l'association chinoise de l'industrie des semi-conducteurs, son chiffre d’affaires a augmenté de 17 % à 884,8 milliards de yuans, l’équivalent de 135 milliards de dollars : +23,3 % à 55,66 milliards de dollars dans la fourniture de composants, +19,1 % à 39,01 milliards de dollars dans les services de fonderie de puces et +6,8 % dans les prestations de test, d’assemblage et de packaging.
Rôle inflationniste de Huawei

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L’augmentation des importations traduit la montée en puissance de la production d’équipements électroniques en Chine comme les PC, les serveurs, les smartphones, les téléviseurs ou les consoles de jeux, tirée par les besoins de télétravail et de divertissement pendant cette période de la pandémie. Huawei, plus gros consommateur chinois de puces et troisième au monde derrière Apple et Samsung selon le cabinet Gartner, a également joué un rôle dans cette inflation. En anticipation du nouveau tour de vis de l’embargo américain, entré en vigueur à la mi-septembre 2020, il a boosté ses achats de semi-conducteurs clés pour se constituer un stock lui permettant de tenir jusqu’à un an selon des analystes.
Les importations chinoises de puces représentent près de 80 % de la production mondiale en valeur en 2020, contre 74 % en 2019, alors que la Chine n’y a contribué qu’à hauteur de 12,7 % en 2020. Et encore la plus grande partie de sa contribution provient de fabricants non chinois comme Samsung, SK hynix ou Intel. Selon le cabinet IC Insights, la Chine est devenue le plus gros consommateur de semi-conducteurs au monde en 2005. Mais 60 % des circuits intégrés qu’elle a importés en 2020 ont été ensuite exportés dans des équipements électroniques (PC, serveurs, smartphones, téléviseurs...).
Deux champions chinois sous embargo américain
Le pays offre la contradiction d’être à la fois un ogre et un nain dans les semi-conducteurs. Il ne compte qu’un seul fournisseur dans le Top 20 mondial : HiSilicon Technologies, le bras armé de Huawei dans les puces, qui pointe à la 17ème place en 2020 avec une activité d’une valeur de 8,2 milliards de dollars selon le cabinet Gartner. La Chine dispose de deux fondeurs de puces dans le Top 10 mondial. Le plus important est SMIC, qui figure à la 5ème place mondiale avec 5 % du marché en 2020 selon le cabinet Counterpoint, derrière le taïwanais TSMC (59 %), le sud-coréen Samsung (15 %), le taïwanais UMC (8 %) et l’américain GlobalFoundries (7 %). Mais ces deux champions chinois, qui portent les ambitions de la Chine dans les puces, font l’objet d’un embargo américain qui leur ferme l’accès aux technologies Made in USA. De quoi mettre du plomb dans l'aile dans le plan « MIC 2025 » de Pékin visant à réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur dans ces petits pavés de silicium si stratégiques.



