Pourquoi le vaccin d’AstraZeneca est autorisé mais réservé en France aux moins de 65 ans

Cinq jours après la recommandation européenne, la Haute Autorité de Santé (HAS) vient d’accorder son feu vert au vaccin du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca et de l’université d’Oxford. Mais la France ne le recommande pas pour le moment pour une utilisation chez les personnes de plus de 65 ans. Elle préconise aussi de s’appuyer sur les pharmaciens et les sage-femmes pour injecter ce vaccin.

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AstraZeneca
La HAS recommande le vaccin anti-Covid d'AsatraZeneca mais pas chez les personnes de plus de 65 ans, en attendant des données complémentaires.

C’est donc oui, mais sous conditions. La Haute Autorité de Santé (HAS) a, sans surprise, recommandé l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford dans la stratégie vaccinale en France, grâce à une efficacité située entre 62% et 70%. Ce qui sera donc le troisième vaccin autorisé en France pour lutter contre le Covid-19.

En revanche, cette recommandation ne vaut pas pour une utilisation chez les personnes âgées de plus de 65 ans par manque de données cliniques issues des essais menés par AstraZeneca dans le monde. "Il manque des données pour les personnes de plus de 65 ans, données qui arriveront dans les semaines qui viennent", précise Dominique Le Guludec. La présidente de la HAS ajoutant que plusieurs études cliniques sont d’ailleurs en cours pour fournir ces données. Dominique Le Guludec souligne ainsi que "dans l’intervalle, nous recommandons l’utilisation de ce vaccin chez les personnes de moins de 65 ans seulement, et dans deux populations : tous les professionnels de santé et du médico-social, y compris en ville, et deuxièmement les personnes âgées entre 50 et 65 ans et présentant des facteurs de risques et de co-morbidité. Des personnes qui étaient prévues dans la phase III de stratégie vaccinale".

Cette restriction au-delà de 65 ans n’avait pas été retenue par l’Agence européenne du médicament (EMA) qui, dans son avis datant du 29 janvier, recommandait cette utilisation, malgré le manque de données, car les experts scientifiques de l’EMA estiment que ce vaccin devrait induire une réponse immunitaire malgré tout. En revanche, certains pays comme l'Allemagne et l'Italie ne le préconisent pas non plus pour administration chez les plus de 65 ans, toujours en raison du manque de données.

Préciser les risques de co-morbidité

Pour l’ouverture à la vaccination de personnes entre 50 et 65 ans à risques, la HAS reconnaît qu’il faudra préciser les critères de co-morbidité, ce qui devrait être fait d’ici une quinzaine de jours. L’insuffisance rénale chronique, l’hypertension compliquée, les personnes greffées, l’insuffisance respiratoire ou d’organe, seraient des critères probablement retenus. Entre 3 et 4 millions de personnes seraient concernées en France. Au total, la France devrait recevoir 44 millions de doses de ce vaccin, dont 10 millions dans les trois prochains mois, selon la HAS, donc de quoi vacciner 5 millions de personnes supplémentaires.

Elargissement aux pharmaciens et sage-femmes pour vacciner

Autre recommandation d’importance : "l’élargissement des compétences vaccinales. Nous recommandons que les pharmaciens, les sage-femmes, en plus des infirmiers-médecins, puissent vacciner", ajoute Dominique Le Guludec. Cette décision découle du fait que ce vaccin, qui se conserve entre 2 et 8 degrés, donc une température standard pour les vaccins, est ainsi "plus facile à manier". Ces vaccins seraient d’ailleurs disponibles en pharmacie, et délivrés sur prescription médicale.

La HAS recommande enfin que la seconde dose du vaccin soit administrée entre 9 et 12 semaines. Pour l’heure, aucune donnée ne permet de prouver son efficacité face aux différents variants qui circulent. Enfin, ce vaccin permet d’éviter le développement des formes graves mais pas la contagion, ce qui implique, malgré la vaccination, de conserver des gestes barrières. En termes d’effets secondaire, les données disponibles ne rapportent que de petits problèmes allergiques. Les personnes vaccinées seront placées sous surveillance pendant une quinzaine de minutes après injection.

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