[Covid-19] Le vaccin d’AstraZeneca recommandé par l’EMA, le circuit logistique en cours de définition en France

L’Agence européenne du médicament (EMA) a recommandé le vaccin d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford. La France, qui dispose de 44 millions de doses en pré-commande pour 2021, pourrait bientôt le recevoir mais le circuit logistique n’est pas encore totalement défini.

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AstraZeneca
Le vaccin d'AstraZeneca et de l'Université d'Oxford attend le feu vert de la Commission européenne et de la HAS en France.

Sans surprise, c’est un feu vert européen. L’Agence européenne du médicament (EMA) recommande bien le vaccin contre le Covid-19 d’AstraZeneca, développé avec l’Université d’Oxford chez les individus à partir de 18 ans. L’EMA souligne que ce vaccin, testé sur 24 000 personnes dans le monde avec un taux d’efficacité de l’ordre de 60%, a surtout été testé sur une population allant de 18 ans à 55 ans. Au-delà, les études ne peuvent démontrer son efficacité vaccinale mais les experts scientifiques de l’EMA estiment que le vaccin devrait apporter une réponse immunitaire et qu’il peut donc être utilisé sur des personnes de plus de 55 ans.

La Commission européenne aura à charge de délivrer une potentielle autorisation européenne de mise sur le marché (AMM), avant que la Haute Autorité de Santé (HAS) n’émette elle-même son avis pour l’utilisation du vaccin en France. Pour les deux premiers vaccins anti-Covid aujourd’hui disponibles, ces décisions ont été prises très rapidement, en seulement un à deux jours.

44 millions de doses pré-commandées en France

Au total, selon les pré-commandes européennes, la France devrait recevoir 44 millions de doses de ce vaccin pour l’année 2021. Selon la Direction générale de la Santé (DGS), 2,5 millions de doses sont attendues en France pour février, autant pour mars, 4 millions seraient livrées en avril puis autant en mai, et 5 millions en juin. Le solde, de 26 millions, serait livré au cours du second semestre.

Ces chiffres de la DGS ont été arrêtés à la date du 27 janvier et prennent en compte les retards de livraison qui ont envenimé les relations entre l’UE et AstraZeneca, suite à un problème de rendement sur l’un des sites de production de la substance active. La Commission européenne a d’ailleurs demandé à l’Agence fédérale des médicaments et produits de santé (AFMPS) de mener des inspections sur un site en Belgique, selon Reuters. Dans ce pays, AstraZeneca fait produire la substance active de son vaccin dans l’usine de Seneffe, détenue par le groupe français Novasep qui vient, le 15 janvier, de céder cette activité au groupe américain Thermo Fischer.

Circuit logistique en cours de définition

En attendant les probables feux verts européens et français, le circuit logistique du vaccin d’AstraZeneca est "en cours de définition" en France, indique-t-on à la DGS. Pour le moment, ce vaccin doit utiliser le même schéma de distribution que les deux premiers vaccins, et suivra donc un flux via les plateformes logistiques engagées aujourd'hui et des relais en pharmacie pour alimenter les établissements de santé spécifiques, types Ehpad, ne disposant pas de pharmacie centrale. Il ne sera disponible que pour les publics prioritaires déjà désignés en France, et les injections, en plus des établissements spécialisés, seront toujours restreintes aux centres vaccinaux implantés sur tout le territoire.

Recours aux grossistes-répartiteurs ?

Toutefois, en raison d’une plus grande facilité de conservation dans les opérations de transport et de stockage, puisque ce vaccin se maintient à une température de 2 à 8 degrés, habituelle pour ce type de produits biologiques, il est étudié la possibilité d’étoffer le circuit logistique. Les grossiste-répartiteurs, spécialistes de la distribution en pharmacie se tiennent d’ailleurs prêts. Au 29 janvier, la Chambre syndicale des répartiteurs pharmaceutiques (CSRP) ne disposait toutefois d’information sur sa possible implication dans la logistique du vaccin AstraZeneca.

La DGS confirme que pour l’heure, ce circuit n’est pas concerné. A ce stade, le vaccin ne sera donc pas disponible en pharmacie pour les publics prioritaires à qui sont réservées les doses. Et la question d’autoriser les pharmaciens à pouvoir vacciner n’est toujours "pas tranchée", précise encore la DGS.

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