Pourquoi le nucléaire n'est pas un sujet pour la Convention citoyenne pour le climat

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convention citoyenne pour le climat
Les 150?citoyens se sont concentrés sur des mesures peu, pas ou mal traitées dans les politiques publiques.

Une seule mention du nucléaire – et encore, entre parenthèses – dans le rapport final de la Convention citoyenne pour le climat. Avec 13 mentions dans trois des 149 propositions, les énergies renouvelables sont à peine mieux servies. Cette quasi-absence des questions de production d’électricité dans le résultat des cogitations des 150 citoyens tirés au sort n’a probablement rien à voir avec la crainte d’aborder des sujets clivants ou qui fâchent.

La proposition de limiter la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes le prouve. Elle est même, somme toute, normale. En France, pour réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, la priorité n’est pas de décarboner l’électricité, qui, rappelons-le, ne représente que 25 % des consommations d’énergie.

Grâce au nucléaire, qui fournit encore 70 % des consommations, les électrons français sont déjà largement bas carbone. Les centrales au fioul ont été fermées en métropole. Celles à charbon devraient l‘être d’ici à 2022, voire 2024 pour celle de Cordemais (Loire-Atlantique), qui doit attendre le démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche) pour se débrancher du réseau. La réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % d’ici à 2035 se fera au profit d’énergies renouvelables. Et, à défaut de petits réacteurs nucléaires modulables, il n’a pas sa place dans le mix énergétique dans les Outre-mer.

Les 150 citoyens se sont donc concentrés sur des mesures peu, pas ou mal traitées dans les politiques publiques, notamment sur la réduction tous azimuts des consommations d’énergies fossiles. Et si la Convention a aussi fait l’impasse sur la taxe carbone, c’est, d’une part, parce qu’elle existe toujours, et, d’autre part, que ce levier, on l’a vu, n’est efficace que pour changer les comportements des très gros consommateurs et pas celui des particuliers, souvent ruraux, qui n’ont pour la majorité pas la possibilité de se priver des énergies fossiles.

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