Pourquoi la ville de Paris s'oppose à un projet de forage pétrolier à Nonville

La ville de Paris invoque un projet incompatible avec les enjeux de l’alimentation en eau de la capitale pour s’opposer à des travaux de forage pétrolier sur la concession de Nonville (Seine-et-Marne)

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Un nouveau forage d'hydrocarbures en Ile-de-France, comme ici à Château-Thierry ? La Ville de Paris est cçontre.

Invoquant un risque pour l’alimentation en eau de la capitale, la ville de Paris s’oppose au projet de réalisation de travaux miniers sur la plateforme pétrolière de Nonville (Seine-et-Marne) exploitée par la société Bridgeoil de Châtellerault (Vienne).

Cette entreprise qui dispose d’une concession jusqu’en 2034 et y exploite déjà trois puits (dont un injecteur, ndlr) a déposé une demande pour forer dix nouveaux puits et agrandir sa plateforme pour la porter à une superficie totale de 123 00 m² afin d’accueillir tous les installations. "Il est prévu de forer un puits en 2021 et, en fonction des résultats, de forer un deuxième puits en 2023. Ce n’est pas pour autant que l’on va forer dix puits car chaque puits apporte ses informations en terme de production, de réservoir", explique Edwige Dietrich, géologue de la société Bridgeoil.

La mairie de Paris par l’intermédiaire de sa régie Eau de Paris a déposé un "avis fermement défavorable" lors de l’enquête publique sur  le projet close le 19 octobre 2020. La ville met en avant le fait que la zone concernée se situe dans l’aire d’alimentation des sources de Villeron et Villmer exploitée par Eau de Paris.

"Ce projet comporte des risques avérés pour l’alimentation en eau potable de Paris. Une fuite d’hydrocarbures condamnerait les sources locales pour une période qui peut être longue", alerte, dans un communiqué, Dan Lert, adjoint à la mairie de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat et de l’énergie et président d’Eau de Paris.

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Passage au registre politique

"Notre site n’est pas loin d’une zone de captage mais nous ne sommes ni dans le périmètre rapproché, ni dans le périmètre immédiat. Ensuite les techniques de forages sont très encadrées et les résultats contrôlés. L’aquifère n’est nullement négligé. Personne ne veut prendre le risque de polluer un aquifère!", plaide encore Edwige Dietrich.

L’association Environnement Bocage Gatinais dénonce, de son côté, un projet qui serait réalisé à quatre kilomètres de la Forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) classée en réserve de biosphère par l’Unesco et un danger accru de pollution. Elle a mis en ligne une pétition qui a rassemblé 70 000 signatures.

"On a dépassé le stade d’une enquête publique locale pour passer à un registre politique et à une volonté d’en finir avec les hydrocarbures", regrette pour sa part Edwige Dietrich.

Le commissaire enquêteur devrait rendre son rapport en décembre 2020.

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