Électronique, systèmes numériques, informatique, cybersécurité, énergie et physique : voici les spécialités que pourront désormais suivre les étudiants entrant en première année à CentraleSupelec. Ces 6 nouveaux diplômes viennent s’ajouter au diplôme traditionnel d’ingénieur généraliste de l’école d’ingénieurs. Validées par la Commission Titre Ingénieur (CTI), ces formations répliquent une partie du socle de compétences, et notamment les "soft skills", comme le management d’équipe ou la connaissance des entreprises. Des savoirs technologiques approfondis sur les domaines de spécialisation sont ajoutés à ce tronc commun.
Au total, 25 places sont ouvertes en 2025 pour chacune des spécialités. Le mode d’admission est identique à celui de la formation généraliste, soit via le concours Centrale accessible aux élèves de CPGE scientifique. En 2028, 150 ingénieurs de spécialité seront diplômés de CentraleSupélec. Afin de conserver les 1000 diplômés chaque année, l’école prévoit de baisser les effectifs d’ingénieurs généralistes à 850. «Nous conservons le régime à 1000 élèves ingénieurs par promotion, car recruter davantage signifierait appauvrir le vivier pour d’autres écoles, explique Romain Soubeyran, directeur général de l’école. De plus, les dotations stables de l’enseignement supérieur ne nous permettent d’aller bien au-delà.» La barre d’admissibilité à CentraleSupélec restera donc la même.
43 semaines de stage
Ces 6 nouvelles formations seront réparties entre deux campus : Metz assurera l’informatique et le génie physique (systèmes quantiques, photonique, nanotechnologies) tandis que Rennes accueillera les cursus en électronique, systèmes numériques (du signal à l'IA pour le traitement et la transmission de l'information), cybersécurité, et énergie (sciences des systèmes pour une énergie durable). «Ces deux villes sont reconnues pour leurs laboratoires de très haut niveau sur les thématiques que nous abordons ici, tout en offrant à nos élèves une très bonne qualité de vie étudiante», fait valoir le directeur général de l’école. En troisième année, les centraliens devront choisir entre trois modalités : un contrat professionnel avec une entreprise, un master recherche en double cursus avec une université partenaire, ou le développement d’un projet entrepreneurial avec le soutien de l’accélérateur de l’école, 21st by CentraleSupélec. En parallèle, ces formations d’ingénieurs de spécialités mettront les bouchées doubles sur les stages : les étudiants auront la possibilité de passer jusqu’à 43 semaines dans les entreprises, contre 28 dans le cursus généraliste.
Un besoin prioritaire des entreprises
Ces 6 nouvelles formations s’inscrivent dans le plan stratégique de l’école, construit en mars 2023, et dont l’un des piliers est la souveraineté industrielle et numérique. Pour les construire, l’école a sondé ses partenaires industriels quant à leurs besoins en matière de recrutement. Le résultat fut sans appel : les entreprises réclament davantage d’ingénieurs de haut niveau, très pointus dans des domaines précis. Une attente confirmée par Tanguy Prigent, directeur du cabinet de recrutement Page Personnel : «avec le développement des nouvelles technologies dans les secteurs des énergies traditionnelles ou renouvelables, les télécom, l’aéronautique ou les mobilités électriques, nos clients recherchent des expertises techniques précises comme l’électronique embarquée ou la cybersécurité qui sont notamment acquises lors de formations d’ingénieurs spécialisés.» Il note aussi toutefois que«es cursus généralistes restent appréciés dans l’industrie, notamment dans le secteur de la production ou pour des profils de managers».
À l’étranger, plusieurs formation d’ingénieurs valorisent fortement les diplômes d’ingénieurs de spécialité : c’est le cas notamment de l’EPFL ou de Stanford. En France, la plupart des grandes écoles d’ingénieurs misent pour l'instant plutôt sur la coloration du parcours d’ingénieur généraliste.



