A Méry-sur-Oise, Veolia et le Syndicat des eaux d'Île-de-France (Sedif) avaient convié, mardi 10 septembre, analystes et journalistes, pour parler de l'eau potable. L'usine du Val-d'Oise est le cadre idéal pour aborder le sujet : c'est la première au monde à avoir mis en place une technologie de nanofiltration membranaire en 1999 lors de la reconstruction du site. Elle produit en moyenne 157 millions de litres d'eau potable par jour à partir de prélèvements effectués dans l'Oise et alimente 880000 habitants dans 47 communes du Val-d'Oise et d'une partie de la Seine-Saint-Denis. C'est une des trois usines du Sedif pour alimenter, au total, quatre millions de Franciliens.
C'est, pour Veolia, le plus gros contrat européen dans l'eau potable. Retardé par des recours de Suez après un appel d’offres contesté, il débutera au 1er janvier 2025 pour une durée de 12 ans et un montant de 4,3 milliards d'euros. Ce faisant, le Sedif continue à confier sa délégation de service public à l'entreprise, qui opère depuis l'origine du syndicat en 1923.
Atteindre un taux de rendement de 93%
La faute au réchauffement climatique, l'eau devient une ressource en tension dans bien des régions. Et les polluants (nanoparticules, PFAS,...) compliquent la production de l'eau potable, même si elle reste «1000 fois moins chère que l'eau en bouteille», affirme Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia. «Et inférieure à 1% du budget des ménages alors que 51% des usagers vivent en logement social», ajoute-t-elle.
Pour le Sedif, l'entreprise gère 8000 km de réseau et porte un investissement de 2,4 milliards d'euros. «Quand l'appel d'offre a été lancé, nous avions déjà une grande qualité de service, poursuit la patronne de Veolia. Dans ce nouveau contrat, nous mettons l'accent sur les enjeux numérique, avec l'IA pour la maintenance prédictive afin d'améliorer le rendement du réseau. »

- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
- -10+66.67
Février 2026
Plastiques issus des DEEE - PAMVariation en €/tonne
Veolia s'est ainsi engagé à réduire les pertes de 10 à 7%. En moyenne, en France, les réseaux enregistrent 17% de pertes. Estelle Brachlianoff insiste sur la nécessité de préserver la ressource, alors que «le débit des cours d'eau du nord de la France aura baissé de 40% dans 50 ans et de 30 à 50% sur la moitié sud». Et ce même si la consommation d'eau a baissé d'environ 3% en 2023, preuve que la sécheresse de 2022 a marqué les esprits.
Une vaste étude sur les PFAS et 1% de non-conformité
Le nouveau contrat implique le développement d'innovations pour répondre aux besoins liés aux polluants éternels (PFAS), aux perturbateurs endocriniens, aux microplastiques,... Les technologies utilisées par Veolia permettent déjà de répondre à 99% des cas. D'ailleurs, suite aux nouvelles réglementations sur les 20 PFAS trouvés dans l'eau potable, l'entreprise a mené pendant huit mois une campagne de détection sur tous ses sites en France, soit l'analyse de 2400 points de production et a investi dans 30 unités de traitement mobiles.
Résultat : plus de 99% des points de prélèvements sont conformes. «Pour les 1% non conformes, nous mettons en place des plans d'actions avec du charbon actif et ou des solutions membranaires, explique Anne du Crest, directrice des opérations pour l'activité eau en France. Et dans certains cas, nous changeons rapidement de ressource.»
Surtout, dans le contrat du Sedif, Veolia s'est engagé à développer la technologie de l'osmose inverse (déjà très présente dans le dessalement, mais beaucoup moins consommatrice en énergie pour le seul traitement de l'eau) sur les trois sites du Sedif pour un investissement d'un milliard d'euros. A Méry-sur-Oise, les travaux commenceront en 2026 pour une mise en service fin 2027 de «cette première mondiale et barrière ultime contre les micropolluants», selon Veolia. Pour les deux autres usines qui n'utilisaient pas la nanofiltration, les travaux seront plus longs, car elles demandent la construction d'un nouveau bâtiment. Ils s'échelonneront entre 2026 et 2031.
Et, toujours dans un souci de réduire la facture des ménages, Veolia s'est engagé dans les prochaines années à produire une eau potable sans chlore et sans calcaire. Eviter le calcaire, c'est une économie de 100 euros par foyer en moyenne, selon le spécialiste des services à l'environnement, en réduisant les dommages sur la robinetterie ou les machines à laver.



