Pour passer l’hiver, Emmanuel Macron mise sur la sobriété et la solidarité européenne en matière d'énergie

Lors d’une conférence de presse surprise lundi 5 septembre depuis l’Elysée, le président de la République Emmanuel Macron a détaillé les mesures envisagées pour assurer l’approvisionnement en gaz et en électricité de la France sur le court terme. Le couple franco-allemand se trouve au coeur du dispositif aux multiples facettes.

Réservé aux abonnés
AFP point presse énergie AFP NE PAS REUTILISER
“Au fond, nous allons contribuer à la solidarité européenne en matière de gaz et bénéficier de la solidarité européenne en matière d’électricité dans les semaines et les mois qui viennent", a estimé lundi 5 août Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse consacrée aux questions énergétiques depuis l'Elysée.

C’est dans un costume bleu nuit qu’Emmanuel Macron s’est présenté aux journalistes qui l’attendaient dans la salle des fêtes du Palais à 17 heures ce 5 septembre, quelques minutes après un entretien téléphonique avec son homologue allemand Olaf Scholz. Le président de la République s’est exprimé au sujet de la crise énergétique qui guette les Vingt-Sept. Pour éviter lescoupures de gaz et d’électricité cet hiver et «maîtriser les prix» de l’énergie, le locataire de l’Elysée souhaite appuyer sa stratégie sur trois piliers : le stockage souterrain de gaz («aujourd’hui rempli à environ 92-93%»), la sobriété énergétique («la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas») mais également la «solidarité européenne».

Emmanuel Macron mise énormément sur le “tandem” franco-allemand («nous l’avons beaucoup travaillé»). «En quelque sorte, les solutions sont déjà aujourd’hui dans nos mains», assure-t-il. L’Usine Nouvelle passe en revue les principales annonces du président de la République.

Un “plan de mobilisation active” pour économiser l’énergie

Emmanuel Macron a commencé par rappeler l’objectif français qui est «d’économiser environ 10% de ce qu’on consomme habituellement» d’ici 2023. «C’est faisable par une série de gestes simples», a exhorté le dirigeant, appelant à un «plan de mobilisation active» de la population sur une base “volontariste” autant que faire se peut. «Le gouvernement va décliner cet objectif. Pour moi, ce plan de sobriété, c’est ce qui doit nous éviter d’aller vers quelque chose qui soit plus coercitif et qui serait à ce moment-là un plan de sobriété renforcé, voire de rationnement, et qui évidemment nous protégera in fine des coupures.»

“Mon gaz contre ton électricité”

Principale annonce de cette conférence de presse, Emmanuel Macron annonce un accord obtenu avec le Chancelier allemand pour qu’en cas de difficulté d’approvisionnement la France troque son gaz contre de l’électricité allemande, et vice-versa. «Si je devais simplifier les choses, l’Allemagne a besoin de notre gaz et nous, nous avons besoin de l’électricité produite dans le reste de l’Europe et en particulier en Allemagne». Plus loin : «Nous allons contribuer à la solidarité européenne en matière de gaz et bénéficier de la solidarité européenne en matière d’électricité dans les semaines et les mois qui viennent.»

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

La France fait face selon son dirigeant à un “phénomène conjoncturel” lié à la faible disponibilité du parc nucléaire français aujourd’hui, avec seulement 25 des 56 réacteurs hexagonaux qui produisent de l’électricité. Comme annoncé précédemment par le gouvernement, le président confirme que «nous allons finaliser dans les prochaines semaines les connexions gazières nécessaires pour pouvoir livrer du gaz à l’Allemagne». «Les travaux ont été actés lors du conseil [de défense énergétique] de vendredi [2 septembre], ils se feront dans les prochaines semaines et seront prêts pour l’hiver». La France estime ainsi ne devoir réduire que de 7% sa consommation de gaz au cours des huit prochains mois.

Des mesures de soutien au niveau européen ?

Emmanuel Macron a également annoncé la poursuite des mesures gouvernementales de soutien aux entreprises et aux ménages mais prévient que «cela doit s’accompagner de mesures européennes», alors que la Commission européenne travaille d’arrache-pied sur le sujet. La position de la France ? «D’abord, nous sommes favorables à des pratiques d’achat commun du gaz. Ceci permettrait à l’Europe, en achetant groupé, d’acheter moins cher». «La deuxième chose, si la Commission européenne venait à décider de mettre un plafond au prix du gaz acheté à travers les gazoducs à la Russie, la France soutiendrait une telle mesure».

«La troisième chose, c’est que nous défendons un mécanisme de contribution européenne qui serait demandé aux opérateurs énergétiques, pour ceux dont les coûts de production sont très inférieurs au prix de vente sur le marché. Il y a en effet des bénéfices indus qui sont fait par des opérateurs de marché aujourd’hui et la bonne approche c’est qu’il faut qu’une contribution leur soit demandée au niveau européen. Cette contribution pourrait ensuite être reversée aux Etats membres pour financer leurs mesures nationales ciblées», a estimé Emmanuel Macron, assurant que ces mesures sont également soutenues par l’Allemagne. Le locataire de l’Elysée a assuré que sur ce dernier point, «si une telle approche ne pouvait aboutir au niveau européen, alors nous serions obligés de la regarder au niveau national.» Enfin, il s’est également prononcé en faveur de «mécanismes de contrôles», toujours au niveau européen, pour «lutter contre les pratiques spéculatives» qui entretiennent la «volatilité des prix» sur les marchés.

Abonnés
Le baromètre de l’énergie
Prix de l’électricité et du gaz, production nucléaire, éolienne et hydraulique… Notre point hebdo sur l’énergie en France.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs