Face à la propagation de la grippe aviaire, plus d'un million de volailles vont être abattues

Pour lutter contre la propagation de l'épidémie de grippe aviaire aux élevages de volailles, le gouvernement va lancer des abattages préventifs. Au total, entre 1,2 et 1,3 million d'animaux sont concernés dans le Gers, les Pyrénées-Atlantiques et les Landes.

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La grippe aviaire touche de nouveau les élevages du sud-ouest de la France.

Le cauchemar continue pour les éleveurs de volailles français. Même si la propagation du virus de la grippe aviaire H5N1 est plus lente qu'en 2021, 231 élevages ont déjà été contaminés en France. 170 d'entre eux sont situés dans le seul département des Landes. "Le virus auquel nous sommes confrontés cette année n'est pas exactement le même que celui de la saison précédente précise un représentant du ministère de l'Agriculture. Cette année, il ne touche pas seulement les palmipèdes, mais aussi les volailles".

226 communes concernées

Pour faire face à l'épizootie qui, malgré la mise à l'abri de toutes les volailles depuis le mois de novembre, accélère, le gouvernement a annoncé jeudi 20 janvier, le lancement d'une campagne d'abattage préventif. La mesure concernera 226 communes des Landes, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques. L'objectif est simple : arrêter l'épidémie en mettant en place une stratégie de "dépeuplement accélérée et en vidant les zones le plus vite possible" selon le ministère.

Sur le terrain, cela se traduira par un vide sanitaire d'une période de trois semaines durant laquelle toutes les volailles et tous les palmipèdes, élevés sur les 226 communes concernées, seront euthanasiés. "Il nous faut agir maintenant de manière forte, sinon nous prenons le risque que des zones saines ne soient contaminées" précise le ministère. Au total, c'est donc entre 1,2 et 1,3 million de volailles sur 230 exploitations agricoles qui seront abattues dans les prochaines semaines.

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100 millions d'aide

Ce chiffre s'ajoute aux 1,2 million d'animaux déjà sacrifiés depuis le retour de l'épizootie sur le terrain en novembre dernier. "Mais les bêtes saines pourront tout de même être valorisées" précise le ministère. Un argument qui ne suffira probablement pas à rassurer la filière, déjà fortement touchée par les précédents épisodes de la maladie. Lors des deux épidémies de grippe aviaire, en 2015 et 2017, près de 4 millions de volailles avaient été abattues.

Le gouvernement a d'ores et déjà précisé que les mécanismes d'indemnisation mis en place l'an dernier pour accompagner les éleveurs seront reconduits cette année. "Au moins 52 millions d'aides économiques et 35 millions d'aides sanitaires avaient été débloquées" précise le ministère.

La vaccination de nouveau sur la table

Face à la récurrence de l'épizootie, le ministère de l'Agriculture a également annoncé travailler sur des mesures de plus long terme. Outre la baisse de densité des élevages déjà en place dans le cadre du plan d'action temporaire, la question de la vaccination est également sur la table. "Un groupe de travail sur la vaccination a été mis en place" explique t-on rue de Varenne. Leur mission : préparer une expérimentation dont l'objectif est d'acquérir des données sur l'efficacité des vaccins pour les canards. "Il s'agit notamment de vérifier leur efficacité pour protéger les canards d'une infection, leur effet sur la diffusion de virus et d'acquérir des données pour aider à la définition d'une stratégie vaccinale." Deux vaccins seront candidats à ses tests.

En parallèle, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a apporté, lors du Conseil des 27 ministres de l’Agriculture dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’UE qui se tenait lundi 17 janvier, son soutien à l'homologation du vaccin à l'échelle européenne. 

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