Propriétaire depuis 2007 du port de Port-La Nouvelle, au sud de Narbonne (Aude), la région Occitanie a fait jeudi 23 juin le point sur son vaste programme d’extension de 234 millions d’euros (32 venus de l’État et 30 du département de l’Aude et du Grand Narbonne). Objectif : « Faire changer le port d’échelle et de siècle » et le positionner comme « le port de la transition énergétique de la Méditerranée occidentale », avec une forte spécialisation sur l’éolien en mer flottant et l’hydrogène vert. Cela en fait un poids lourd de la trajectoire de Région à énergie positive (Repos) à 2050.
Actuellement, le port traite majoritairement des hydrocarbures (carburants) et des vracs secs (minéraux) à l’import, et des céréales à l’export, à hauteur de 1,55 million de tonnes en 2021. En chantier, de nouvelles infrastructures en eau profonde - création d’une digue nord de 2,5 km et prolongement sur 600 mètres de la digue sud - seront achevées fin 2023 pour permettre la croissance des trafics existants, assurer l’accueil de plus grands navires et la diversification vers les filières « vertes ».
Le 23 juin a été inauguré le premier quai éolien livré fin 2021 : un terre-plein de 11 hectares pour la construction et l’assemblage d’éoliennes offshore et un quai à colis lourds de 250 mètres. Car le port audois est la base arrière de deux fermes pilotes (projets Eolmed et EFGL) d’éolien off-shore : six machines de 10 MW et 150 mètres de haut vont y prendre forme avant d’être installées au large de Gruissan et Leucate. La construction de flotteurs d’éoliennes en mer du consortium Eolmed doit débuter fin 2022, l’assemblage des mâts et turbines des deux fermes pilotes en 2023. Le port vise un trafic de 6 millions de tonnes en 2030, dont la moitié serait constituée par les produits « verts ».
Un hub de l'hydrogène vert
« Le partenariat avec des acteurs et industriels de premier plan nous permet d’accélérer sur le front des énergies vertes et des filières d’avenir », relève la présidente de la région Carole Delga. Une société d’économie mixte à opération unique (Semop) a été créée, unique en France pour un port de commerce. Concessionnaire pour 40 ans, Semop PLN assume depuis mai 2021 l’aménagement, l’exploitation, la gestion et le développement du port. La région Occitanie possède 34% du capital, la Banque des territoires 15% et le groupement d’entreprises Nou Vela, 51%. Il associe Deme Concessions, l’opérateur Euroports, le fonds flamand Epico, l’opérateur ENR indépendant Qair (siège à Villeneuve-Lès-Béziers) et la CCI de l’Aude.
C’est la Semop PLN qui va poursuivre l’extension et investira 280 millions d’euros selon le directeur général Yann Wickers : sont à livrer en 2025 un terminal multi-vracs à deux quais, un bassin de 14,5 mètres de tirant d’eau, une extension de 23 hectares du terre-plein ENR conjuguée à un quai de 300 mètres. De quoi servir de hub pour l’installation et la maintenance des fermes commerciales éoliennes flottantes. 70 hectares de zone logistique seront aussi créés en arrière du port en 2025 et le port entièrement équipé de voies ferrées.
Enfin, Port-la-Nouvelle doit devenir un hub de l’hydrogène vert, grâce à l’usine Hyd’Occ, porté par Qair et l'agence Arec Occitanie. Un investissement de 50 millions d’euros soutenu par 11,4 millions d’euros de France relance, l’Ademe et la région Occitanie. L’électrolyseur doit produire 10 MW d’hydrogène vert en 2024 et à terme 40 MW par an, à partir de l’électricité produite par les éoliennes Eolmed.



