Pôlénergie construit une autoroute de la chaleur à Dunkerque

L'association Pôlénergie veut récupérer la chaleur fatale de sites énergivores du port de Dunkerque pour la distribuer à d’autres entreprises. Elle est la lauréate du prix Approvisionnement responsable des Trophées industrie durable 2021.

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Pôlénergie injectera de la chaleur fatale dans un réseau sous le port de Dunkerque.

Une autoroute pas comme les autres se dessine au port maritime de Dunkerque (Nord). Dans les sous-sols de cette zone industrielle, l’association Pôlénergie souhaite bâtir un réseau de vapeur atypique en collaboration avec le groupement d’intérêt public Euraénergie. L’objectif : récupérer la chaleur fatale de sites énergivores pour la distribuer à d’autres entreprises.

« Selon une expression locale, Dunkerque est le Qatar de la chaleur fatale. Les gisements sont énormes, fait valoir Jean Gravellier, le directeur général de Pôlénergie. Aujourd’hui, les réseaux de chaleur sont destinés à des usagers citadins. Il est très rare d’avoir un réseau uniquement confié à des industriels. »

Pôlénergie vise une mise en service des premiers tronçons dès 2025. « L’étude de faisabilité vient de se terminer et démontre l’intérêt économique du projet », souligne Jean Gravellier. La prochaine étape consistera à obtenir des lettres d’engagement des industriels. À terme, l’« autoroute de la chaleur » pourrait s’étendre sur plus de 30 kilomètres et distribuer 425 gigawatt­heures par an, pour un investissement de 100 à 120 millions d’euros.

Le tracé du réseau reste prévisionnel. On retrouve principalement dans la zone d’étude des noms de la métallurgie et de la chimie installés dans le port : ArcelorMittal, Befesa, Comilog, Ferroglobe, Imerys… « En devenant l’un des lieux phares d’une industrie propre, Dunkerque pourra attirer d’autres industriels en leur proposant un tarif de chaleur attractif », promet le directeur général de Polénergie.

L’association estime que l’autoroute évitera l’émission de 50 000 à 60 000 tonnes de CO2 par an. « Ce n’est pas énorme, mais c’est un premier pas pour fédérer les industriels autour d’une problématique. Si on y arrive pour un réseau de chaleur, on doit pouvoir décarboner l’industrie et aboutir à des choses plus compliquées comme le captage du CO2 », projette Jean Gravellier.

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