Plastic Omnium muscle son appareil industriel dans l'hydrogène. Mercredi 28 septembre, en présence de plusieurs ministres, l'équipementier automobile français a annoncé la création d'une nouvelle usine de production de réservoirs d'hydrogène à Compiègne (Oise). Le chantier représente un investissement d’environ 160 millions d'euros, dont 74 millions apportés par l'État dans le cadre du Piiec (Projet important d'intérêt européen commun) sur l'hydrogène.
Le site devrait démarrer sa production en 2025. Présenté comme la plus grande usine européenne de réservoirs à hydrogène, il doit atteindre une capacité de 80 000 réservoirs par an. Le projet devrait représenter 200 emplois chez Plastic Omnium. Une certaine partie correspond à des postes déjà existants, l’entreprise disposant déjà d’un centre de R&D et d’une usine de réservoirs à carburant à Compiègne. À la même occasion, Plastic Omnium annoncé la signature de deux contrats majeurs avec Stellantis et Hyvia (coentreprise entre Renault et PlugPower). L’usine de Compiègne permettra de fournir à ces deux nouveaux clients. Les réservoirs du futur site doivent également équiper des bus de Safra et les voitures luxueuses de Hopium.
Rentabilité visée en 2025 sur l’hydrogène
Plastic Omnium pilote plusieurs sites de production européens dédiés à l’hydrogène. L’équipementier fabrique des réservoirs à Herentals (Belgique), des systèmes hydrogènes intégrés à Wels (Autriche), ainsi que des piles à combustible à Dettingen (Allemagne) dans le cadre d’une coentreprise avec ElringKlinger. La France va désormais compléter cet écosystème. «Les subventions ont validé notre choix de le faire en France», suggère Laurent Favre, directeur général de Plastic Omnium.
La future usine préfigure les grandes ambitions du groupe sur un marché à l’état embryonnaire. En 2025, date du démarrage de l’usine, Plastic Omnium espère atteindre la rentabilité sur ses activités liées à l’hydrogène. Mais ce n’est qu’une première étape. «Plastic Omnium prévoit d’investir 100 millions d’euros en moyenne chaque année pour atteindre un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros en 2025 [sur l’hydrogène, ndlr] et de 3 milliards en 2030», projette le groupe dans un communiqué. L’usine de réservoirs de Compiègne devrait représenter quant à elle un chiffre d’affaires de 100 à 150 millions d’euros dans les dimensions annoncées.

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Des cylindres blindés à la fibre de carbone
A la différence des réservoirs classiques, les réservoirs contenant de l’hydrogène comprimé doivent supporter une pression de 700 bars. «La pression atmosphérique équivaut à un bar, rappelle Laurent Favre. Plus la pression est élevée, plus le stockage se fait dans un volume optimisé. Il y a toujours des enjeux d’encombrement et de poids dans la mobilité.»
Les réservoirs à hydrogène sont réalisés en tressant des fibres de carbone sur plusieurs centimètres d’épaisseur autour d’un cylindre en thermoplastique. La fabrication des bouteilles en plastique fait partie des activités matures de Plastic Omnium sur une quarantaine d’usines de réservoirs traditionnels à travers le monde. L’équipementier n’exclut pas de convertir certains de ces sites à l’hydrogène pour nourrir son développement sur ce marché. «Il n’y a pas d’incompatibilité technique. En Belgique, nous avons converti et agrandi une usine existante», souligne Marc Perraudin, directeur général de Plastic Omnium New Energies.
D’ici à 2030, Plastic Omnium espère réduire de 30% le coût de production des réservoirs à hydrogène en améliorant le processus de tissage et en réduisant le temps de cuisson des réservoirs. Le groupe espère que ces efforts rendront l’hydrogène de plus en plus compétitif, alors que la crise des matières premières pèse sur le prix des batteries.
«Avec l’hydrogène, nous pourrons décarboner massivement notre économie, y compris les secteurs les plus consommateurs comme la sidérurgie et la mobilité lourde», a déclaré la Première ministre Elisabeth Borne depuis le centre de R&D de Compiègne. «L'Europe peut disposer d'une vraie souveraineté technologique sur l'hydrogène. Cela répond à beaucoup de besoins de mobilité pour lesquels la batterie n'est pas la solution», argumente de son côté Laurent Favre.



