Photonis, ce fournisseur considéré comme stratégique par le ministère des Armées, va-t-il tomber dans des mains étrangères ? La société est à vendre et seule l’entreprise américaine Teledyne, un groupe technologique d’environ 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires et déjà fournisseur des armées françaises, est sur les rangs.
Pas de quoi cependant rassurer le ministère des Armées. Implantée à Brive-la-Gaillarde en Corrèze, cette ETI d’environ 1 000 salariés pour environ 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, développe des technologies de pointe. Photonis conçoit des solutions de vision nocturne au profit de l’armée et fournit également des instruments de détection en lien avec le projet de Laser Mégajoule directement lié à la dissuasion nucléaire. Pas moins ! Mais l’État semble à court de moyens. Photonis serait valorisée de plusieurs centaines de millions d’euros, un montant bien au-delà des possibilités du fonds Definvest, associant le ministère des Armées et Bpifrance, destiné à protéger les pépites tricolores. Et les industriels de la défense, dont certains sont clients de Photonis ? Rien. Soit, comme Safran, ils se justifient en dénigrant la société, estimant qu’elle n’est pas la seule ni la meilleure dans son domaine. Soit, comme Thales, c’est silence radio. En rachetant leur fournisseur, ils en réduiraient fortement le potentiel commercial. Logique économique et souveraineté technologique ne font pas forcément bon ménage. Si l’État ne convainc pas les industriels d’agir, les contraindra-t-il Le ton se fait plus menaçant. "Nous sommes actionnaires et clients de ces sociétés. Ces dernières années, ni Thales ni Safran n’ont eu à se plaindre de notre niveau de commandes", rappelle-t-on du côté du ministère des Armées. Photonis rappelle à tous que la souveraineté technologique a aussi un coût.



