Le monde des matières bruisse de négociations entre Tesla et ses fournisseurs potentiels en matériaux pour batteries. De l’accord avec Piedmont Lithium, en Caroline du Nord, aux discussions avec Vale et BHP sur le prix du nickel, le constructeur de véhicules électriques cherche des minéraux dont on ne pourra pas lui reprocher les conditions d’extraction. Elon Musk rêve de mines nord-américaines, qui n’en sont pour la plupart qu’au stade des études de pré-faisabilité.
Au-delà de la durabilité, Tesla doit sécuriser des volumes, quand l’essor du véhicule électrique pourrait d’ici à 2030 multiplier par 14 la demande de nickel qualité batteries, par 10 celle de graphite et par 9 celle de lithium, selon Bloomberg.
À ce jour, les États-Unis n’ont aucune production locale pour 14 des 35 minéraux considérés comme critiques. Le président Donald Trump en est conscient. Il a déclaré début octobre l’urgence nationale, autorisant le recours au Defense Production Act pour accélérer le développement de mines sur le sol national. Mais pour se défaire de sa dépendance à la Chine, il ne suffit pas d’extraire, rappelle l’expert des terres rares Jack Lifton. Il faut aussi transformer. Les investissements (y compris publics) affluent déjà, le savoir-faire industriel, c’est moins sûr.
C’est tout le contraire en Europe, où les savoir-faire sont multiples, de la séparation au recyclage de terres rares. L’Union a certes lancé, le 29 septembre, l’Alliance européenne pour les matières premières, qui a vocation à renforcer l’autonomie stratégique – que l’on appelle parfois la souveraineté ou la résilience de ses pays membres – par l’extraction, l’importation et l’économie circulaire, rappelait le commissaire Thierry Breton. Mais du budget dont disposera l’EIT Raw Materials (un organisme européen de soutien à l’innovation) pour faire de cette Alliance un bras armé pour l’industrie, pas un mot.



