Des solutions alternatives efficaces contre les néonicotinoïdes, ces fongicides dangereux pour les abeilles, sont-elles disponibles ? Oui, répond l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) dans un avis rendu public mercredi 2 juin. L'opinion de l'Anses intervient après que l'Assemblée nationale a décidé, en octobre 2020, de réintroduire temporairement ce pesticide pour sauvegarder la filière betteravière française dont les rendements étaient menacés par la jaunisse de la betterave.
Insuffisantes utilisées seules
Au total, l'Anses liste 22 solutions alternatives disponibles dont "la plupart ont des efficacités correctes" précise-t-elle dans son avis. Toutefois, l'Anses note que la majorité des alternatives sont insuffisantes en utilisation seule:"Il sera donc indispensable de tester des combinaisons de plusieurs de ces méthodes de lutte dans une approche de lutte intégrée permettant d’atteindre une efficacité suffisante et durable"avancent ses experts.
Un panel de solutions variées
Parmi les solutions retenues, le panel est très varié. On retrouve du biocontrôle avec des champignons, bactéries et des prédateurs et parasitoïdes "ayant une bonne efficacité contre les pucerons" selon l'Anses mais également des solutions de sélection variétale avec des betteraves sucrières résistantes au virus de la jaunisse: "Cette méthode aurait de plus l’avantage de l’efficacité et de la facilité de mise en œuvre, sans impact négatif sur l’environnement" juge l'agence sanitaire.
A court terme, les phytopharmaceutiques de synthèse évalués restent toutefois les solutions privilégiées par l'Anses pour remplacer les néonicotinoïdes: "Ils se présentent comme l’alternative avec la meilleure efficacité au champ". Certains, comme les produits à base de flonicamide, sont même déjà disponibles.
Deux méthodes culturales - le paillage et la fertilisation organique à l’aide de vermicompost - pourraient également être rapidement mises en place dans les champs. Ces dernières n'impliquent "pas de modification drastique du système de culture de la betterave à sucre" précise l'Anses.
Ces solutions devront être analysées par la filière sucre français. Les industriels du secteur ont jusqu'au 1er janvier 2023, date de la fin de la dérogation d'utilisation des néonicotinoïdes, pour trouver des solutions alternatives aux fongicides.



