Un pas en avant, un pas sur le côté… Deux ans après avoir interdit les néonicotinoïdes dans les champs français, le gouvernement a déposé un projet de loi permettant, temporairement, leur réintroduction. La mesure a pour objectif de laisser le temps aux betteraviers français, dont les parcelles sont dévastées par la jaunisse, de trouver d’autres solutions de protection.
Cette décision met en évidence l’absence de solutions alternatives proposées aux agriculteurs dans cette lutte contre les pesticides de synthèse.
Car si tous les discours s’accordent à louer l’agroécologie, les moyens dédiés à la recherche et le pas de temps de l’innovation et de l’homologation dans ce domaine restent beaucoup trop long.
Accélération de la recherche d'alternatives
Alors que l’interdiction des néonicotinoïdes est prévue depuis 2016, l’invasion de pucerons qui, depuis l’hiver 2020, véhiculent la jaunisse a enfin conduit l’ensemble des acteurs de la filière à se mobiliser.
Un fonds de cinq millions d’euros sera d’ailleurs débloqué par le gouvernement pour accélérer la recherche de solutions alternatives, qu'il s'agisse de recherches sur le génome, le biocontrôle ou des biofertilisants. “Contrairement aux pesticides traditionnels, la solution sera probablement combinatoire”, avancent plusieurs acteurs du secteur.
Une œuvre collective qui dilue les responsabilités. “Qui doit prendre l’initiative de tenter d’unir les différents outils à disposition pour monter une solution de substitution aux pesticides chimiques?”, se questionne un acteur du biocontrôle.
A la veille de l’interdiction du glyphosate et alors que l’ensemble des acteurs de l’agriculture s’accordent pour dire qu’aucune solution de remplacement du fameux herbicide n'existe encore, il est probablement temps de répondre à cette question.



