Où se trouvent les dix projets industriels de meltblown pour les masques sanitaires en France ?

Pour devenir indépendante en production de masques sanitaires, la France se dote d’une filière industrielle et intégrée avec des unités de production de matériaux filtrants et de protection respiratoires. Dix projets industriels sont désormais accompagnés sur le territoire par le ministère en charge de l’Industrie, dont cinq ont été nouvellement dévoilés ce 8 octobre.

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Masque chirurgical
La France dénombrera au moins dix unités de production de meltblown, matière première filtrante pour les masques de type chirurgicaux et FFP.

Le gouvernement accompagne désormais dix projets industriels de meltblown, matière première filtrante essentielle aux masques sanitaires de type chirurgicaux et FFP. Après cinq premiers projets identifiés à la fin de l’été, le ministère en charge de l’Industrie vient de dévoiler cinq projets supplémentaires en France, sélectionnés dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé fin avril sur ce sujet.

18 millions d'euros de subvention

Au total, le gouvernement apportera des subventions d’un total de 18 millions d’euros pour ces dix premiers projets. Ce qui correspond à des aides maximales d’Etat plafonnées à 30% des montants d’investissement prévus pour chaque projet. Fin avril, le ministère évoquait une enveloppe d’un maximum de 40 millions d’euros. Il précise aujourd’hui que l’instruction des dossiers déposés dans le cadre de cet AMI se poursuit, laissant entendre que de nouveaux projets industriels de meltblown pourraient être encadrés ces prochains mois.

250 emplois à créer

En septembre, l’Usine Nouvelle avait déjà détaillé les cinq premiers projets accompagnés par le ministère, portés par Fiberweb, filiale du groupe américain Berry, dans le Haut-Rhin, par les groupes Chargeurs dans la Somme et Savoy International en Haute-Savoie, par l’Américain Lydall dans le Morbihan, et enfin par l’entreprise française Meltblo France dans le Doubs. Ces cinq premiers projets qui doivent aboutir à la création de 110 emplois, étaient soutenus, au total, à hauteur de 9 millions d’euros et doivent permettre de fournir assez de meltblown pour la production annuelle de 2,2 milliards de masques chirurgicaux et de 914 millions de masques FFP. Avec les cinq nouveaux projets retenus, le ministère double donc ses subventions apportées, et estime que la création totale d’emplois pour cette nouvelle filière industrielle devrait être portée à 250 postes.

Deux projets dans les Côtes d'Armor

Les cinq nouveaux projets sont répartis dans tout le territoire. Deux se concentrent en Bretagne. Dans les Côtes d’Armor, La Coop des Masques, une société coopérative d’intérêt collectif, doit mettre en service des unités de production en ce mois d’octobre, pour produire entre 30 et 40 millions de masques chirurgicaux et FFP2 et pour fabriquer sur place, en amont, le meltblown nécessaire. Toujours dans les Côtes d’Armor, le groupe suisse M3 devrait lancer une unité de meltblown à travers sa filiale M3 Sanitrade.

Normandie, Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes

Les trois autres projets concernent le chimiste français Arkema, lequel prévoit de construire un site en Normandie. La société Protechnic, spécialisée dans les textiles techniques et industriels et basée à Cernay (Haut-Rhin), implantera une unité dans le Grand Est. Enfin, Texinov, également spécialiste des textiles techniques, construit une unité de meltblown en Isère, adjacente à une base de production de masques FFP2 mise en service cet été.

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