Orano et XTC New Energy détaillent leur projet d'usines de production et de recyclage de matériaux de cathodes de batteries à Dunkerque

Le français Orano, spécialisé dans le cycle de l'uranium, et le chinois XTC New Energy, leader dans la fabrication de cathodes s'associent pour créer trois usines dans le Dunkerquois (Nord) dès 2026. La concertation préalable va débuter le 5 février.

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Projet d'Orano et XTC New Energy de trois usines près de Dunkerque
Le projet d'Orano et XTC New Energy combinera des activités de production de matériaux pour batteries et leurs précurseurs ainsi que des activités de recyclage de rebuts de gigafactories et de batteries en fin de vie.

C'est un projet de grande envergure qui vient sceller, si besoin il y avait, la nouvelle dénomination des Hauts-de-France de «vallée de la batterie». Orano, spécialiste français du combustible nucléaire, et XTC New Energy, fabricant chinois de matériaux de cathode à base de lithium, confirment avoir choisi le Dunkerquois (Nord) pour installer trois usines : un site de production de P-CAM (précurseurs de matériaux actifs de cathode) ; un site de production de CAM (matériaux actifs de cathode) et une usine de recyclage des rebuts de production des deux futures usines et de ceux des gigafactories.

Sont également associés au projet Air Liquide et RTE en tant que maîtres d'ouvrage. Les trois usines vont être construites entre Gravelines et Loon-Plage, sur une superficie de 53 hectares.

«On s'est intéressés à plusieurs sites disponibles en France. Le Dunkerquois répond à plusieurs de nos critères à savoir la capacité à recevoir un site intégré pour pouvoir couvrir nos trois usines; l'accès immédiat à un port et aux matières premières de manière à limiter l'empreinte carbone due aux transports; l'accès à l'électricité et bien évidemment la proximité de l'ensemble des gigafactories», explique Thomas Brion, directeur du projet chez Orano.

Les besoins électriques du futur site sont conséquents, puisque ils sont estimés à plus de 200 MW. Pour pouvoir alimenter le site en électricité, RTE prévoit le raccordement au futur poste de Flandre-Maritime via la création de deux lignes souterraines. Ces liaisons électriques de 225 000 volts seront d'une longueur d'environ 6,4 kilomètres. De son côté, Air Liquide va fournir par an 200 000 tonnes d'oxygène et 12 000 tonnes d'azote. «Dans un premier temps, nous allons fabriquer ces éléments sur site puis, nous évaluerons la possibilité de les acheminer via des canalisations depuis notre site industriel de Grande-Synthe», complète Arnaud Duval, directeur de projets transition énergétique chez Air Liquide.

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1300 postes à pourvoir

La première usine à sortir de terre est celle consacrée à la production de CAM. Pilotée par XTC New Energy, elle sera composée de deux lignes de production. La première devrait être fonctionnelle dès 2026, la seconde en 2028. A terme, la production de CAM sera de 80 000 tonnes par an, ce qui équivaut à 64 GWh de batteries.

L’usine de P-CAM sera pilotée par Orano et comptera deux lignes de production, pour une production totale de 80 000 tonnes par an. Enfin, Orano va également construire une usine de recyclage de rebuts de production des usines de P-CAM, de CAM et des gigafactories, ainsi que des batteries en fin de vie. Son unité de pré-traitement sera capable de traiter 15 000 tonnes de modules de batterie par an et son unité d'hydrométallurgie devrait recycler 20 000 tonnes de masse métallique par an. «Ces unités devraient nous permettre d'alimenter nos usines de P-CAM et de CAM à hauteur de 10 à 15% à partir de 2032», indique Thomas Brion.

1300 emplois directs seront créés et 400 indirects. Parmi les profils recherchés, il y a des manutentionnaires, des opérateurs techniques, des techniciens, des électroniciens, des contrôleurs qualité mais aussi des experts chimistes notamment en cristallographie et des ingénieurs pour le centre R&D.

Un site stratégique pour les deux partenaires

«Nous devrions gagner en souveraineté au niveau des composants début 2026. Notre technologie innovante nous permettra de générer notre propre matériau actif. Couplée avec la technologie mature sur les matériaux de cathode de XTC, nous serons en mesure de recycler ces matériaux et ainsi de les réutiliser», projette Thomas Brion. Le projet nordiste vient appuyer la volonté déjà engagée d’Orano de diversifier ses activités. En effet, depuis 2019, le leader du cycle de l’uranium entame le développement de ses activités autour des matériaux de batterie et notamment de leur recyclage. Ses deux pilotes industriels testés en Haute-Vienne ont permis de mettre au point son procédé de recyclage.

Pour XTC New Energy, le projet dunkerquois marque son entrée sur le territoire européen. Fournisseur de matériaux pour les véhicules électriques, il exporte du nickel, du manganèse et du cobalt pour les véhicules électriques notamment en Asie. Alors lorsque des discussions s’ouvrent en 2020 autour d’un partenariat avec Orano, l’entreprise chinoise y voit une opportunité d’étendre ses activités. Avec 8 filiales et 5 sites de productions en Chine, XTC New Energy ne cache pas ses ambitions de conquérir le marché européen pour devenir leader mondial.

Le site sera classé ICPE et Seveso seuil haut et la phase de concertation préalable va se dérouler du 5 février au 31 mars.

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