Nouveau revers pour Intel, battu en Bourse par Nvidia

Déjà devancé en Bourse par TSMC et Samsung Electronics, le numéro un mondial des puces Intel vient de céder son titre de première capitalisation américaine dans les semi-conducteurs à son rival Nvidia. Un nouveau revers qui illustre l’ampleur des difficultés auxquelles il est aujourd’hui confronté.

 

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Nvidia, nouvelle coqueluche des marchés financiers

Nouveau coup dur pour Intel. Le numéro un mondial des puces, icône par excellence de cette industrie depuis plus de cinquante ans, perd son titre de première capitalisation boursière américaine dans les semi-conducteurs. Il est battu en Bourse par Nvidia, un rival pourtant six fois plus petit en chiffre d’affaires. Un revers qui traduit un réel désintérêt des investisseurs au profit de concurrents plus agiles, plus innovants et plus conquérants.

Perte de leadership en production

C’est la troisième fois qu’Intel perd une marche en Bourse dans l’industrie des puces. Auparavant, il a été devancé par deux fondeurs de semi-conducteurs, sorte de sous-traitants : le taïwanais TSMC et le coréen Samsung Electronics. Avec aujourd’hui une capitalisation boursière de 249,7 milliards de dollars, il n’est plus que la quatrième valeur en Bourse de l’industrie des semi-conducteurs, derrière TSMC (319,7 milliards de dollars), Samsung Electronics (304,2 milliards de dollars) et Nvidia (255,3 milliards de dollars).

Son déclassement en Bourse, alors qu’il règne sur le marché mondial des puces de façon presque ininterrompue depuis 1993, signe la fin de son leadership légendaire dans les technologies de production. Selon des analystes, il a bel et bien perdu la course de la loi de Moore au profit de Samsung Electronics et TSMC, donnant un avantage technologique décisif à ses concurrents AMD, Nvidia, Qualcomm, Broadcom, Marvell et autre Xilinx qui font fabriquer leurs puces les plus avancées par ces deux fondeurs de semi-conducteurs.

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Alors que son monopole dans les processeurs de PC et serveurs est vivement contesté par AMD, il doit faire face à la perte de son quatrième plus gros client, Apple, qui a choisi de passer aux modems 5G de Qualcomm pour ses prochains iPhone et à des processeurs « maison » pour ses futurs Mac. Des ennuis qui se traduisent par le recul de près de 2 % de la valeur de l’entreprise en Bourse depuis le début de l’année.

Nvidia, nouvelle coqueluche des investisseurs

A l’inverse, Nvidia jouit d’une dynamique flatteuse avec un bond en bourse de 74 % depuis le début de l’année. Cet optimisme est motivé par la perspective d’ouverture d’un nouveau cycle de croissance des jeux vidéo avec l’arrivée à l’automne 2020 de nouvelles consoles de salon chez Sony et Microsoft. C'est AMD qui motorise ces nouvelles consoles. Mai c'est Nvidia qui, en tant que roi incontesté des processeurs graphiques, va le plus en bénéficier en améliorant l’expérience de jeu sur d'autres plateformes comme les PC ou le cloud. Michael Wiggins De Oliveira, blogueur financier sur Seeking Alpha, voit l’entreprise croitre de 25 à 30 % annuels au cours des trois prochaines années. De quoi atteindre un chiffre d’affaires aux alentours de 20 milliards de dollars en 2023, contre 10,9 milliards de dollars sur le dernier exercice fiscal clos en janvier 2020.

L’enthousiasme des investisseurs envers Nvidia est-il un phénomène durable ou éphémère ? Les analystes financiers sont partagés. Michael Wiggins De Oliveira croit à la poursuite de la dynamique. Et ce ne sont pas les jeux vidéo qui justifient sa position. Il voit Nvidia aujourd’hui comme une entreprise diversifiée, présente dans les jeux vidéo, la visualisation, les datacenters ou encore l’automobile. Sa position de leader dans les puces d’intelligence artificielle et de conduite autonome en fait la coqueluche des marchés financiers.

D’autres analystes financiers comme Mott Capital Management sur le blog Seeking Alpha voient la fièvre inéluctablement retomber, estimant que le cours de l’action en Bourse a atteint un niveau déjà trop élevé.

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