«Nous avons la capacité de monter en cadence», assure l'équipementier aéronautique Figeac Aéro

Alors que la chaîne d'approvisionnement d'Airbus souffre de difficultés à suivre la cadence et que Boeing relance ses lignes de 737 MAX, l'équipementier Figeac Aéro se dit prêt à monter en cadences et à s'adapter aux nouvelles règles commerciales américaines. A l'occasion de ses résultats annuels, Simon Derbanne, directeur des Relations Investisseurs et de la Communication du groupe, a accordé un entretien à L’Usine Nouvelle.

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Dans l'usine du futur de Figeac Aéro
Le spécialiste européen de la sous-traitance des équipements dédiés à l'aéronautique est implanté à Figeac (Lot).

L'Usine Nouvelle – Figeac Aéro vient de présenter ses résultats annuels. Quel regard portez-vous sur ces 432,2 millions d’euros de chiffre d’affaires et, pour la première fois depuis mars 2019, ce résultat net positif de 3,6 millions d'euros ?

Simon Derbanne, directeur relations investisseurs et communication de Figeac Aero – Nous sommes extrêmement satisfaits de l'exercice clos. Fin 2021, nous avions promis à nos partenaires financiers et au marché que nous reviendrions sur les niveaux d’activité que l’on avait avant-crise, en mars 2025 : la promesse a été tenue. Notre chiffre d’affaires est en croissance depuis 16 trimestres consécutifs, et en croissance rentable depuis quatre exercices consécutifs. Nous avons un record historique avec un Ebitda courant à son plus haut niveau en valeur absolue depuis mars 2020, et un record de trésorerie libre, avec un free cash-flow à 37,9 millions d’euros. Avec ces résultats, nous retrouvons la confiance de nos partenaires financiers, c’est très encourageant pour la suite.  De plus, le marché est bon, ce qui nous permet de rester confiants sur nos objectifs à moyen terme, d’ici à mars 2028.

Et quelle est la situation du marché ?

D’un point de vue global, on peut souligner que le marché reste sur une bonne dynamique, même après une croissance à deux chiffres en 2024. Les données de l’IATA prévoient le transport de plus de 5 milliards de passagers en 2025, ce qui serait un record absolu.

Concernant le programme LEAP, depuis le début de l’année, on constate un bien plus grand optimisme de la part de Boeing et des motoristes : les livraisons de 737 MAX sont en hausse, et Boeing a indiqué être à 33 avions par mois en moyenne, viser les 42 appareils par mois d’ici à la fin de l’année, et 50 courant 2026. Avec notre usine automatisée à Figeac, nous aurons la capacité de suivre les remontées en cadence.

Quelle dynamique projetez-vous pour la suite de vos activités ?

Nous actons, de notre côté, une belle dynamique sur les programmes civils et aussi dans la défense, avec de premières retombées d’impact attendues dans le cadre du programme de réarmement européen. Notre carnet de commandes, valorisé autour de 4,6 milliards d’euros, nous permet d’avoir un niveau de visibilité tout à fait inégalé, ce qui procure un sentiment de confiance sur les perspectives à long terme, même s’il faut avoir la capacité de gérer les difficultés opérationnelles à court terme, comme le regain d’inflation que l’on a connu, ainsi que des difficultés d’approvisionnement, qui s’amenuisent mais ralentissent les chaînes de production.

Et quid de l’impact des droits de douane mis en place par l’administration de Trump ?

À ce stade, nous identifions que nos flux concernés représentent environ 30 millions d’euros, soit moins de 6% de nos revenus, ce qui reste relativement faible au global. À 90%, cela concerne des packages de pièces pour l’A350 et l’A320, qui ensuite repartent des États-Unis pour aller vers les lignes d’assemblage finales. Tout ce qui est susceptible d’être frappé de droits de douane devrait ensuite être réexporté et pourrait donc bénéficier d’un régime douanier transitoire. Les 10% restants concernent la livraison de pièces pour les jets privés de Gulfstream, et là, nous avons deux possibilités : ouvrir des discussions avec eux, ou bien accélérer la relocalisation d’une production aux Etats-Unis, que nous avions déjà prévu d’opérer dans les années à venir.

Dans tous les cas, dans un contexte où l’écosystème est très globalisé, nous ne nous attendons pas à un re-battage des cartes significatif du fait de cette mesure : le pays n’aurait pas les moyens nécessaires pour répondre à une relocalisation massive des productions, et si le gouvernement persistait à utiliser cette mesure, il est probable qu’à l’instar de la Chine, d’autres pays mettraient eux aussi en place des mesures de rétorsion. C’est alors Boeing, qui exporte sa production, qui pourrait être pénalisé.

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