Northvolt, ACC... Les fabricants de batteries pour voitures électriques en Europe cherchent le bon tempo

[Dans l'actu en 2024, à suivre en 2025] Faire coïncider l'offre et la demande en matière de batteries électriques pour les véhicules s'est avéré compliqué en 2024. Plusieurs acteurs de la filière européenne en ont souffert.

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Gigafactory, Giga Usine ACC de Billy-Berclau Douvrin
La gigafactory de batteries d'ACC à Billy-Berclau (Pas-de-Calais) doit réussir sa montée en cadence.

En matière de transition énergétique, la question du rythme est cruciale. Trop rapide, elle peut générer de la casse sociale et des inégalités. Trop lente, elle échoue à répondre aux enjeux de décarbonation et de lutte contre la pollution de l'air. C'est l'équation complexe que doit résoudre l'industrie automobile européenne : passer en quelques années d'un modèle centré sur le moteur thermique à une économie basée sur le véhicule électrique, avec une toute nouvelle chaîne de valeur à construire, sans totalement détruire l'ancienne.

Or, les acteurs historiques peinent à s'adapter. Signe de la crise qu’ils traversent, les vagues de plans sociaux et de procédures de redressements judiciaires ont plombé le tissu industriel historique sur l’année 2024. Hélas, les nouveaux venus censés prendre le relais ne sont pas encore au rendez-vous. C’est notamment le cas des jeunes mastodontes spécialistes de la batterie électrique, véritable cœur du réacteur avec environ 35% de la valeur ajoutée d’un véhicule électrique.

Les nouveaux acteurs de la batterie embourbés

Les difficultés du suédois Northvolt en sont une illustration. En 2024, le pionnier de la batterie électrique conçue et fabriquée en Europe s'est retrouvé à court de capitaux. Incapable de livrer en quantité et avec une qualité suffisantes les batteries promises à ses premiers clients, il a vu ces derniers rompre de lucratifs contrats, le plongeant dans des difficultés inextricables. Sera-t-il sauvé par de l'argent public ou par l'arrivée de nouveaux investisseurs ? Pas sûr.

Le français ACC, confronté aux mêmes maux, pourrait traverser les mêmes difficultés. Lui aussi a indéniablement du mal à faire monter en cadence sa première usine, celle de Billy-Berclau (Pas-de-Calais), ouverte en 2023. Normal, d'une certaine façon : impossible de faire en un an ce que ses concurrents chinois ont construit en plus d'une décennie. Ses clients et actionnaires se montrent, pour le moment, patients, se disant prêts à remettre au pot à court terme.

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ACC, qui a mis en pause des projets d'usines en Allemagne et en Italie, a aussi des objectifs de livraison plus modestes que son rival suédois, ce qui peut l'aider à passer le cap de l'industrialisation plus sereinement. Des projections probablement plus en phase avec la réalité du marché du véhicule électrique européen, dont la croissance plafonne (avec environ 4 millions de véhicules électriques vendus en Europe en 2024), faute de modèles suffisamment attractifs et abordables disponibles.

Deux nouvelles usines en France en 2025

L'offre de véhicules va s'étoffer en 2025, tout comme la disponibilité de batteries assemblées en Europe, par le biais d'acteurs européens, chinois, et parfois des deux en collaboration. La gigafactory du chinois Envision, adossée à l'usine Renault de Douai (Nord), ouvrira ainsi ses portes au premier trimestre 2025 et devra elle aussi relever le défi de la production en série.  Elle doit notamment fournir des batteries pour la Renault 5 assemblée à quelques centaines de mètres.

Les premières batteries du grenoblois Verkor devraient aussi théoriquement sortir de l'usine de Dunkerque (Nord) fin 2025, si le calendrier initial (ambitieux) est respecté. Par contre, les unités de recyclage de batteries en France seront pas prêtes avant plusieurs années, faute de volumes suffisants et de maturité du marché. En 2024, Eramet a ainsi annoncé la suspension de son projet d'usine de recyclage hydrométallurgique à Dunkerque et Stellantis a retiré ses billes d'une autre unité, également dans le Nord. Orano, de son côté, croit toujours en son projet.

D'autres revirements stratégiques sont à prévoir dans les prochains mois pour s'adapter à un paysage en constante reconfiguration. Fournisseurs comme constructeurs, certains acteurs sont tentés de changer de chimie de batterie pour leurs futures productions, passant du "NMC" (nickel-manganèse-cobalt) une technologie de pointe à haute performance, au "LFP" (lithium-fer-phosphate), moins chère et plus simple à fabriquer. Au risque de balayer les éléments de différenciation technologiques et de business models sur lesquels les start-up européennes des batteries ont été construites. Aucun doute : dans l'écosystème des batteries, l'ambiance est électrique.

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