Nissan veut se développer en Europe... mais pas qu’avec des voitures 100% électriques

Désireux de grossir sur le marché européen, Nissan a dévoilé une nouvelle stratégie dans la mobilité électrique. Sceptique sur l’hybride rechargeable, l’allié de Renault met l’accent sur l’hybridation simple et le 100% électrique.

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Nissan Ariya 100% électrique lors d'essais mars 2022
Nissan présente le nouveau crossover 100% électrique Ariya comme le summum de son savoir-faire.

Nissan voit un avenir électrifié en 2030… mais pas exclusivement électrique. Mercredi 23 mars, le constructeur a dévoilé une nouvelle stratégie pour grandir sur le marché européen. Contrairement à son allié Renault, le groupe japonais veut encore laisser une place aux véhicules hybrides. L’entreprise veut vendre 100% de véhicules électrifiés sur le Vieux Continent à l’horizon 2030. Il intègre dans cette catégorie les modèles 100% électriques, mais aussi des solutions non-rechargeables.

« Nous resterons en Europe et nous avons pour objectif de croître », a déclaré lors d’une conférence de presse Guillaume Cartier, président de Nissan pour la région Afrique, Moyen-Orient, Inde, Europe et Océanie (AMIEO). Nissan a encore des marges de progression en Europe : en 2021, l’entreprise ne représentait que 2,1% du marché avec 249 232 voitures particulières immatriculées.

15 milliards d’euros d’investissements

« Suite à sa décision de ne pas investir dans la norme Euro 7 pour les voitures particulières, Nissan n'introduira plus aucune nouvelle voiture particulière équipée exclusivement de moteur à combustion interne en Europe à partir de 2023 », annonce le groupe dans un communiqué. Une étape importante, mais les annonces de Nissan paraîtraient presque timides alors que de nombreuses marques se bousculent vers le tout électrique, dont Renault ou le groupe Stellantis. « Même en Europe, où l'électrification est très rapide, il y a différents marchés qui évoluent à des rythmes différents », argumente Cliodhna Lyons, directrice de la stratégie pour la région AMIEO chez Nissan.

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Le groupe Nissan dans son ensemble a prévu d’investir 15,6 milliards d’euros en cinq ans dans l’électrification. Des sommes qui vont financer le lancement de nouveaux modèles, l’augmentation des capacités de production en batteries mais aussi l’arrivée des fameuses batteries tout-solide. « Cette technologie permettra d’électrifier beaucoup plus de voitures qu’aujourd’hui », anticipe Guillaume Cartier. Référent de l’Alliance sur ce chantier, Nissan espère introduire des batteries tout-solide sur le marché en 2028. 

La curieuse technologie « e-Power »

Pour se relancer sur le marché européen, Nissan dévoile une gamme de six modèles électrifiés. « Malgré la crise des semi-conducteurs et le Covid-19, nous n'avons annulé aucun des programmes », se félicite Guillaume Cartier. Côté 100% électrique, on retrouve une version restylée de la Leaf et le nouvel utilitaire Townstar. Mais la star du nouveau catalogue devrait être l’Ariya, un crossover 100% électrique au design soigné attendu pour l’été 2022 en concessions. Fabriqué à Tochigi (Japon), il est basé sur la même plateforme que la nouvelle Mégane E-Tech.

Côté hybride, on retrouve le crossover compact Juke. Deux autres crossovers sont prévus : le Nissan Qashqai et le Nissan X-Trail. Ces deux derniers seront proposés avec la motorisation e-Power, un système qui ajoute encore une nuance au panel de solutions hybrides.

Développée au Japon par Nissan et adaptée pour l'Europe, cette technologie a été conçue pour imiter les sensations d’un véhicule électrique (sans les contraintes de recharge). Le moteur e-Power intègre « un moteur 100% électrique qui alimente les roues pour une accélération instantanée et linéaire, tandis qu'un petit moteur thermique recharge la batterie pour une totale sérénité », présente Nissan dans un communiqué. Autrement dit, les roues sont entièrement entraînées par le moteur électrique tandis qu'un véhicule hybride traditionnel utilise la combinaison entre motorisation thermique et électrique.

Nissan boude l’hybride rechargeable

La solution absente de cette liste ? L’hybride rechargeable. « Les clients les chargent trop peu. Ils se retrouvent avec une voiture thermique et une batterie lourde qui en plus a coûté cher », argumente François Bailly, directeur de la planification pour la région AMIEO. 

Le durcissement des normes européennes anti-CO2 risque de peser sur cette stratégie et sur les véhicules qui ne peuvent pas être branchés. En France, le gouvernement actuel milite pour reporter la fin des hybrides rechargeables au-delà de 2035, mais cette tentative de lobbying n'intègre pas les hybrides simples. Toujours est-il que les clients restent friands de cette solution : les hybrides simples représentaient 19,6% des immatriculations européennes en 2021, contre 8,9% pour l’hybride rechargeable. Nissan compte bien satisfaire cette demande avant l’arrivée du tout électrique. 

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