Un projet de gigafactory de plus en Europe. Jeudi 1er juillet, Nissan a annoncé la construction d’une usine de batteries sur son site de Sunderland (Royaume-Uni). Tout comme son allié Renault, le constructeur automobile japonais s’est naturellement associé à Envision AESC pour porter cet investissement d'un milliard de livres (environ 1,17 milliard d’euros).
AESC, un partenaire bien connu de Nissan
AESC, branche japonaise du groupe chinois Envision, ne part pas en terrain inconnu. AESC n'est rien d'autre que l’ancienne activité de batteries de Nissan, vendue en 2018 à Envision. Nissan détient toujours 20% de cette filiale, qui produit déjà des batteries à Sunderland pour la Nissan Leaf et l’utilitaire e-NV200. Cette usine avait été démarrée par le groupe japonais en 2012.
Sur l’investissement d'un milliard de livres sterling, Envision AESC va apporter 450 millions de livres (525 millions d’euros) pour ajouter 9 GWh de capacité sur 100 hectares de surface à proximité des lignes de production de voitures. Une phase ultérieure pourrait porter la dimension de la gigafactory à 25 GWh, voire 35 GWh. Cette annonce intervient quelques jours après l'officialisation du partenariat entre Renault et AESC à Douai (Nord), alors que Renault et Nissan doivent accroître les synergies dans les batteries.
Une bouffée d’oxygène pour Sunderland
« La nouvelle gigafactory créera 750 emplois et pérennisera les emplois de 300 employés actuels », précise Nissan. Une bouffée d’oxygène pour l’usine de Sunderland qui a souffert du Brexit comme toute la filière automobile britannique. « La nouvelle usine permettra d'accroître la compétitivité des batteries pour véhicules électriques produites au Royaume-Uni, notamment grâce à une nouvelle cellule de batterie Gen5 dont la densité énergétique est supérieure de 30 %, ce qui améliore l'autonomie et l'efficacité », ajoute le constructeur automobile.
Au-delà des emplois liés à la nouvelle gigafactory, Nissan estime pouvoir créer 909 emplois (et plus de 4 500 chez ses fournisseurs britanniques) pour produire 100 000 unités supplémentaires chaque année. Ces embauches permettront notamment d’assembler un nouveau véhicule 100% électrique de type crossover et basé sur la plateforme CMF-EV de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
Un « hub » de la voiture électrique
Nissan souhaite faire plus largement de Sunderland un « hub » de la voiture électrique. Un peu comme le pôle Renault ElectriCity dans le Nord de la France, Sunderland devrait abriter des capacités de recherche et développement pour assurer la seconde vie des batteries et leur recyclage. L’entreprise s’intéresse de longue date aux solutions « vehicle-to-grid » (ou V2G) qui permettent de renvoyer l’énergie d’une batterie de voiture électrique vers le réseau.
En déplacement à l’usine de Sunderland le directeur général du groupe Envision Lei Zhang a décrit une « révolution industrielle verte ». « Nous avons besoin de nouveaux transports, nous avons besoin de nouvelles énergies, a argumenté le dirigeant. L’activité batteries d’Envision AESC est la nouvelle énergie, la nouvelle mine de charbon. »
Nissan souhaite que l’usine automobile de Sunderland soit alimentée à 100% des énergies propres. Pour ce faire, de nouveaux panneaux photovoltaïques vont être installés ainsi qu’un système de stockage d’énergie utilisant des batteries Nissan-Envision AESC en seconde vie. Ces équipements permettront de stocker l'excès d’énergie généré en journée pour l’utiliser à d’autres moments.



