L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi fait cause commune dans l'électrique avec un plan à 23 milliards d'euros

Renault, Nissan et Mitsubishi ont présenté un plan stratégique pour 2030 tourné vers le véhicule électrique. 23 milliards d’euros seront investis sur cinq ans par les partenaires de l'Alliance.

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Nissan plateforme CMF-BEV
L'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi va lancer une nouvelle plateforme commune pour accueillir des véhicules compacts.

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi emploie les grands moyens dans l'électrique. Jeudi 27 janvier, les trois constructeurs automobiles ont présenté un plan d’investissement de 23 milliards d’euros sur cinq ans. Les partenaires ont promis de renforcer l’utilisation de plateformes communes, tandis que les analystes financiers se montrent très attentifs à la question des synergies.

« Il s'agit d'investissements massifs qu'aucune des trois entreprises ne pourrait réaliser seule », a souligné Jean-Dominique Senard, président de l'Alliance. Plusieurs années après la tempête de l'affaire Carlos Ghosn qui avait mené l'Alliance au bord de l'implosion, les trois constructeurs se sont efforcés d'afficher leur réconciliation. Avec ce nouveau plan, « nous démontrons clairement que les liens sont extrêmement forts », a argumenté Jean-Dominique Senard en parlant d'une Alliance « incassable ».

Une cinquième plateforme électrique

Aujourd’hui, 60% des modèles de l’Alliance utilisent des plateformes communes. Les trois membres veulent faire passer ce taux à plus de 80% sur 90 modèles en 2026 pour réduire leurs coûts. À l’horizon 2030, les groupes souhaitent lancer 35 nouveaux modèles électriques. « Nous avons fabriqué un million de voitures sur nos plateformes de véhicules électriques de 2009 à aujourd’hui. Nous prévoyons d’en produire plus de 1,5 million par an d’ici à 2026 », chiffre Luca de Meo, directeur général du groupe Renault. Pour réussir cette accélération, l'Alliance compte passer de quatre à cinq plateformes communes de véhicules électriques.

Baptisée CMF-BEV, la nouvelle plateforme doit être lancée en 2024 pour accueillir des modèles compacts comme la Renault R5, un modèle sur lequel Renault fonde de grands espoirs, et la remplaçante de la Nissan Micra. Ce nouveau véhicule 100% électrique, qui remplacera la citadine japonaise, doit d'ailleurs être produit à l’usine Renault de Douai (Nord).

« En nous appuyant sur le schéma leader-follower et en utilisant une approche de différenciation intelligente, nous allons étendre le partage des parties supérieures de la carrosserie, a développé Makoto Uchida, patron de Nissan. Une mise en commun calibrée de la partie supérieure de la carrosserie permet d'atteindre des niveaux appropriés de réduction des coûts tout en protégeant le caractère unique de chaque marque. »

La structure de base CMF-BEV est déjà présentée comme « la plus compétitive du marché ». « Elle équipera 250 000 véhicules par an sous les marques Renault, Alpine et Nissan », précise l’Alliance dans un communiqué. Très peu présente en Europe, Mitsubishi espère profiter de cette stratégie pour se relancer dans le Vieux Continent. La marque japonaise compte lancer deux nouveaux modèles « basés sur des best-sellers de Renault ».

Un pionnier très concurrencé

Renault, Nissan et Mitsubishi se présentent comme des pionniers de la voiture électrique. Mais l’Alliance n’est pas la seule à renforcer ses investissements. En décembre 2021, Volkswagen avait présenté un plan colossal de 89 milliards d’euros. En parallèle, Tesla bouscule les acteurs traditionnels : avec sa Model 3, le constructeur américain domine le marché européen, loin devant la Renault Zoé.

Interrogés sur cette concurrence, les membres de l'Alliance n'ont cessé de défendre leur stratégie de « leader-follower » qui permet de partager les coûts et de proposer « le meilleur des trois mondes ». « L'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est un modèle unique qui a fait ses preuves. Depuis vingt-deux ans, nous nous appuyons sur nos cultures et nos forces respectives pour notre réussite commune », défend Jean-Dominique Senard.

Dans ce cadre, Mitsubishi pilote les travaux sur l’hybridation. Renault se concentre sur l’architecture électrique et électronique du véhicule. Nissan assure quant à lui le développement des batteries tout solide (ou ASSB pour « All Solid-State Battery »), souvent présentées comme la prochaine rupture technologique de la filière. « D'ici le milieu de l'année 2028, l'objectif est de produire la technologie ASSB en série », indique l’Alliance. À la même date, l’Alliance espère réduire le coût de ses batteries de 65%.

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