Newspace : la startup bordelaise HyPrSpace lève 1,1 million d’euro pour faire décoller son micro-lanceur hybride en 2024

La jeune pousse du spatial HyPrSpace vient de réaliser une première levée de fonds de 1,1 million d’euros. Une somme qui lui permettra d’organiser en 2023 une série de tests de son moteur liquide/solide, en vue d’un premier vol de son micro-lanceur en 2024.

HyPrSpace Test propulsion Hybride
Le futur lanceur d'HyPrSpace sera équipé d'une motorisation hybride liquide/solide

La start-up HyPrSpace, spécialisée dans la conception de micro-lanceurs spatiaux, a annoncé le 28 avril avoir réalisé une levée de fonds de 1,1 millions d’euros. Obtenue auprès du fonds Geodesic, du fonds French Tech Seed géré par BpiFrance et d’investisseurs privés, cette somme servira à accélérer le développement de son lanceur baptisé OB-1.

moteur au polyéthylène

Celui-ci vise la mise en orbite de charges utiles de 250 kg, soit des nano et des micro satellites. Pour se démarquer de la concurrence, qui s’annonce féroce dans le domaine des micro lanceurs, HyPrSpace mise sur son propulseur hybride innovant, utilisant des ergols liquide/solide. Il associe donc un comburant liquide, soit de l’oxygène, à un carburant solide, du polyéthylène - un plastique très courant.

« Nous pourrons utiliser du polyéthylène issus des filière de recyclage ou encore biosourcé » explique Alexandre Mangeot, fondateur de la start-up. « Notreseule contrainte est d’avoir un polyéthylène très opaque, plutôt noir, pour être plus sensible aux transferts de chaleur dans la chambre de combustion ». L’avantage du carburant solide est ne pas nécessiter d’équipements coûteux, comme des turbopompes, et il n’a pas besoin d’être cryogénisé «  ce qui réduit significativement les coûts », selon Alexandre Mangeot. Il occupe également moins de place dans le lanceur.

La start-up va démarrer la campagne d’essais de son moteur en 2023 et elle durera tout au long de l’année prochaine. La récente levée de fonds servira à préparer ces tests. « Nous sommes en train d’installer le banc d’essai. Nous espérons qu’il sera opérationnel d’ici la fin de l’année, commente Alexandre Mangeot. Ce qui nous préoccupe actuellement, ce sont les études de sécurité parce que notre propulseur va pousser plusieurs tonnes donc on ne peut pas faire n’importe quoi. » HyPrSpace espère pouvoir tester son moteur en vol début 2024.

Faire sous-traiter le design du lanceur

Si la jeune pousse est bien avancée sur le propulseur, elle espère commencer prochainement l’étude sur le design du lanceur en lui-même. La société a participé à l’appel à projet « microlanceurs réutilisables 2026 » du volet spatial de France 2030, afin d’obtenir un financement pour concevoir cette fusée qu’HyPrSpace imagine réutilisable.

« Notre cœur de métier est la motorisation. Mais pour faire un lanceur il faut d’autres sous-systèmes, comme l’avionique, des structures, ou encore un segment sol, explique Alexandre Mangeot. Nous allons faire sous-traiter cette partie et nous associer aux gens qui savent le faire. L’idée n’est pas de réinventer la roue dans ce domaine mais de montrer que nous pouvons réduire significativement les coûts de mise en orbite»

Actuellement hébergée sur le campus de l’ENSAM de Talence, la société déménagera à la fin du mois pour s’installer dans la commune du Haillan, où se trouve un site d’ArianeGroup.

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